Ma chronique du nouvel album des Stuck in the Sound étant actuellement coincée dans le cyber espace (comprenez : l’interface de Discordance.fr, en attente de relecture et publication), je vous laisse patienter avec les photos de la “Release Party” qui a eu hier soir au Bus Palladium.
Nico Brunet y était, et ces photos sont les siennes :
Mes préférées sont les photos 5-6-7-9-17-18-23. Mais pour les voir en grand il faut aller sur http://www.nicolasbrunet.fr/blog/?p=949.
Non je n’y étais pas, mais je le regrette quoi que je pense d’un paquet de nouveaux titres parce que les Stuck en concert, on en ressort toujours un peu avec la banane ; mais c’est comme ça.
Pour revenir à ma chronique, je crois que je vais être un peu la seule à ne pas me promener au pays de Candy sur ce coup là. Mais on n’est pas obligé de tout aimer tout le temps non plus, même si on adooooooore les artistes et qu’on les voit promis à un brillant avenir depuis le début (on serait même plutôt plus difficile en fait). Surtout quand on a la faiblesse d’écouter des DISQUES et donc des albums ENTIERS plutôt que des dossiers plein de mp3 dans lesquels on pourra picorer au gré de ses goûts. Franchement, mettre un CD dans la platine et vouloir zapper autant de titres, c’est pénible.
On en reparle après le 30 janvier.
Je ne suis sans doute pas follement en avance sur ce coup là non plus, si on considère que le groupe a visiblement sorti un EP en novembre 2011.
Ceci dit, il est encore temps de partager avec vous ce clip, sorti il y a trois jours à peine.
Ces mecs sont d’une coolitude absolue, immanquables sur scène, et pondent un tube par minute, qualité que beaucoup leur envient ^^
Je vous laisse vous déhancher.
Pour acheter l’EP c’est par ici : http://www.lanskies.com/
Une fois de plus, je dis merci aux Inrocks pour la découverte du groupe WE HAVE BAND qui m’a tapé dans l’oeil (ou plutôt dans l’oreille) à l’écoute du sampler “Objectif 2012″, disponible dans le numéro spécial Paris du 18 janvier 2012.
Pas étonnée d’apprendre que les anglais ont remixé Still Life de The Horrors, mon titre fétiche depuis l’édition 2011 de Rock en Seine.
Les grands esprits se rencontrent décidément !
Ou alors je tourne en boucle sans parvenir à me réinventer vraiment, allez savoir …
J’aime, en tout cas.
Player pour leur album Ternion qui sort ces jours ci :
Je ne dirais pas que je tuerais pour retrouver ce genre de sourire parce que la vie va et vient et que c’est comme ça après tout. Mais tout de même, presque trois ans après, c’est effarant de constater à quel point une cicatrise peut rester douloureuse. Comme les voir et être juste là, avec eux, me ramène à cette époque qui passe son temps à s’éloigner chaque jour un peu plus et curieusement, comme les voir malgré tout me rend heureuse comme si rien n’était terminé.
Avancer pour ne pas tomber, je crois que c’est comme ça qu’on dit. Pourtant je ne sais pas ce que je donnerais pour remonter le temps et revivre avec eux tous ces instants qui m’ont tout autant épuisée qu’ils m’ont rendue fière et vivante comme je ne l’avais été que rarement dans ma vie. Je n’ai jamais réussi à leur raconter à quel point leur confiance m’avait fait du bien, à quel point elle m’avait semblé incroyable. Ont-ils jamais su à quel point ils m’avaient usée autant que donné des ailes ? A quel point je me sentais la force d’un bulldozer, capable de renverser des montagnes, forte et assurée, consciente que le temps serait notre allié et tellement persuadée que notre incroyable “team” pourrait tout accomplir. Ont-ils jamais senti cette complicité comme je la sentais moi ? Comme si, alors que nous n’aurions jamais dû nous rencontrer et n’avions à vrai dire pas grand chose en commun, une sorte de miracle hautement improbable s’était produit, rendant chaque instant précieux au point qu’il se devait d’être vécu avec une intensité rare. J’aurais dû savoir qu’une relation aussi étrange que parfaite ne pouvait qu’être éphémère. Que quelque chose d’aussi naturel et quelque part, aussi beau, était forcément une escroquerie qu’il m’allait falloir payer.
Sans doute que j’exagère un peu. Mais j’ai l’impression de passer à la caisse tous les jours depuis notre “séparation”, comme si c’était ça qui n’était pas normal finalement, de sentir ce lien alors qu’il n’existe plus et qu’il faudrait “passer à la suite” – mais quelle suite ? qu’est-ce qui pourrait jamais égaler ça ? Je me sens un peu comme ces gens qui ont encore mal à ce bras dont on les a amputé…
Nul besoin de se parler. Les regards suffisent. On est heureux de se voir ils sont heureux que je sois là et je suis heureuse d’être là. Et “heureuse” n’est pas un vain mot. C’est ce que je ressens dans tout mon corps, c’est ce qui m’habite quand je les revois. Ca aurait presque une consistance tellement ça me remplit. Physiquement. Alors on sort d’un concert avec la patate, tout illuminé en dedans de ce bonheur de constater qu’on peut être fier de ce groupe avec lequel on a partagé tant de choses. Et puis on se retrouve connement dans sa voiture, la machoire serrée, le mal au bide et le coeur gros de tous ces moments enfuis.
C’était comme une drogue en fait, de vous manager, les Blackpool. Je n’en ai que trop conscience alors pour rien au monde je ne replongerai mais quand je vous vois j’ai envie de vous serrer dans mes bras, voilà.
Et le concert dans tout ça ?
Le mieux sûrement, ça a été de voir à quel point les choses avaient changé depuis l’an dernier et ce set plombant à la Java. Même si on m’avait prévenue que j’allais avoir un choc en voyant Alex (“prépare-toi, c’est Franck Black !”) et qu’en effet, vingt kilos de plus et le look hirsute n’auguraient pas forcément du meilleur.
Pourtant quel concert ! Dix titres dont sept nouveaux avec, très nettement, la patte du sieur Schlauberg à la guitare sur les deux petits derniers. Privilège d’abord, qui démarre en mid tempo malgré la tension sous-jacente avant d’appuyer sur la pédale de l’accélérateur, avec ce petit refrain tubesque l’air de ne pas y toucher, du genre à vous faire fredonner “I am the man, I am the man of your life” des jours durant sans même vous en rendre compte. Everyone ensuite, un titre hommage à l’extraordinaire James Brown, sur lequel il fait les choeurs tandis que Guits assure la partie funky d’une guitare que je ne lui connaissais pas et qu’Alex conclut magistralement : “like a sex machine. Fonk !”.
Le groupe, dans cette nouvelle configuration, semble décidément avoir pris ses marques. Les sourires échangés témoignent d’une complicité qui fait plaisir à voir et les Frenck F**ckers, c’est visible, s’amusent à nouveau. Les deux guitaristes manquent de partir dans un fou rire pour on ne sait quelle rais
on tandis qu’Alex, qui a laissé la seconde guitare, peut désormais s’épanouir dans un rôle de frontman qui semble avoir été écrit pour lui. Alors il danse, prend des poses, joue la comédie aussi (sur Ed Gein notamment, excellent morceau sur le tueur en série américain qui inspira notamment le Silence des agneaux) et fait le show comme il sait si bien le faire. Tandis que Fab ne touche quasiment plus son ordinateur ni son clavier (la basse le comble on dirait bien), Stef est toujours aux commandes d’une batterie impossible à prendre en défaut et on se rend compte, finalement, que ça joue bien et que l’ensemble est devenu foutrement solide.
En
fin de set, 1er mai et surtout Pumpkins qui est LE final de folie (mais pas joué en dernier ce soir, dommage) sont toujours aussi efficaces et font danser le 1bis sur les rythmes résolument dancefloor du 1er album. Gros succès (ça vend du disque ensuite, ce qui ne trompe généralement pas) tandis que je me dis que loin d’avoir à rougir de ces gars là, je suis au contraire ravie, gonflée à bloc après cette presta, et confiante pour la suite comme je ne l’avais pas été depuis longtemps.
Cerise sur la gâteau, Olivier nous confie après le concert que le programmateur du Nouveau Casino, enthousiasmé par les premières démo de son projet solo SCHLAUBERG, souhaite le faire jouer très prochainement, possiblement en avril prochain.
Classe tout ça ! On dirait que le temps des possibles est de retour.
La classe, on pourrait en reparler avec HitchcockGoHome, l’autre groupe de Guits aka l’homme aux mille vies, bien planqué derrière sa barbe et ses gros pulls. Derrière le masque se trouve en fait un homme qui parle japonnais et hollandais (il a vécu dans ces deux pays jusqu’à ses douze ans si je me souviens bien), sillonne la terre entière au son des musiques du monde, est capable de se fendre d’un sourire aussi magique qu’il peut avoir parfois l’air peu commode, et surtout, parvient sans être schizophrène à jouer de la guitare dans deux formations aussi différentes que Blackpool et HitchcockGoHome. Guits donne le sentiment de tout maîtriser, tout le temps ; et Guits, dont on pourrait jurer qu’il est indestructible, m’a toujours hyper impressionnée.
La première fois que j’ai entendu HGH, donc, j’ai eu du mal à m’en remettre. Passer de la musique crâne et dansante des adeptes de Madchester à la délicatesse d’une formation qui avait davantage en commun avec Syd Matters qu’avec les Stones Roses était trop inattendu.
J’ai beau avoir intégré le truc à présent, sur scène le décalage est plus flagrant encore. Les attitudes sont retenues, la guitare se joue avec archer, la batterie se traite avec respect et au chant, si la voix déraille un peu, ce n’est pas parce que le punk n’est pas mort mais pa
rce que l’émotion est trop grande.
Pour mieux écouter, une bonne partie du public s’est assis en tailleur. HGH a déjà deux albums merveilleux à son actif et c’est un régal de réentendre ces titres tous plus enchanteurs les uns que les autres. ODD est sans aucun doute mon préféré mais il ouvre le set, ce qui me surprend et ne me donnera pas le temps de sauter sur mon appareil pour le filmer.
D’un titre à l’autre le dépaysement se fait peu à peu total, au son des harmonies vocales de Fanny et Martin qui alternent le chant lead, ou d’un banjo de ménestrel.
Le dernier titre, Blank, sera joué sur près de dix minutes avec la complicité de Thomas Sorrel qui a remixé le titre pour mieux le faire exploser en live. Guits exhorte le public à se lever, Fanny, qui ne sait plus si elle doit chanter ou laisser faire la machine danse, complètement libérée.
Et puis c’est la fin du voyage, tout le monde descend. Sauf ceux qui resteront profiter des sons du DJ Sorrel, toujours aux commandes.
(Leurs disques sont sublimes, achetez les : http://www.drunkdog-records.com/hitchcockgohome_f.htm)
C’était bien trop court, évidemment, chez Elodie qui a aménagé sa grange en salle de concert afin de partager la musique qu’elle affectionne au coin du poêle.
Mais quand on est bien, quand on aime, c’est toujours trop court…
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Plus de photos by Isatagada : Blackpool / HitchcockGoHome (cliquez sur le nom des groupes)
Un jour ce blog aura plus de 30 à 50 lecteurs par jour. Parce qu’il est dans sa 6ème année et qu’à force de parler de groupes ou artistes inconnus dont je suis teeeelllllleeeemmmmeeennnnttt sûre qu’ils seront connus un jour (forcément, pour que je les aime autant hein !), et bien certains d’entre eux commencent à l’être un peu.
Cette même semaine, c’est LESCOP et Stuck in the sound qui sont coup sur coup passés chez France3 (Taddéi mon amour …) et France4 (Gaël le Forestier mon amour – le retour ^^- à fond sur la vidéo).
Si vous les avez manqués, scéance de rattrapage ci-dessous !
Vidéo LESCOP – La Forêt : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=videos-lives&id_article=3050
Vidéo Stuck in the sound – Brother : http://www.france4.fr/monte-le-son/index.php?id-video=rhozet_mls_live_20120118_1369_19012012011708_F4

18 place de l’Eglise
49170 Béhuard
Alors envoyez vite vos sous et offrez vous ce coffret ! Du peu que j’ai vu, je peux vous dire qu’il en vaut la peine !
Cela fait longtemps, à présent, que Daniel Darc est bien davantage qu’un rescapé de Taxi Girl. Longtemps qu’il a gagné ses galons d’auteur compositeur interprète – mais surtout auteur.
On a beaucoup parlé de sa foi, illuminant ses dernières créations. Avec La taille de mon âme pourtant, sa foi en Dieu semble s’effacer devant une autre foi, plus terrestre cette fois. « Ca commence par un i, se termine par un a », pose-t-il en ouvrant l’album, accompagné d’un harmonica qui donne une note malicieuse à cette introduction. Et même si c’est « la merde au milieu », le verbe a de l’allant, et se conjugue au futur (ira). Peut-être, parce que cet album est celui du cheminement.
Or sur ce chemin, Daniel Darc se voit déjà bien avancé.
Il y a cette photo centrale du livret où on le voit au premier plan tandis qu’en arrière, un enfant tout droit sorti des 400 coups de Truffaut – qui le figure lui, très probablement – campe sur sa gauche.
Il y a ces textes, surtout, qui évoquent « ceux partis vers l’infini » ou la vie qui « doucement s’enfuit », les gens qui comptent et qui se comptent, au fil des ans, de moins en moins nombreux (Les vœux de bonne année), les femmes avec qui, décidément, rien ne se fixe (« Est-ce qu’aux larmes je suis condamné ? »), et ce temps qui « n’attend personne pourtant » ; tous ces textes qui ne disent qu’une seule et même chose : « autrefois, j’étais jeune » (Ana).
Fort de ce constat, Daniel Darc s’arrête un moment pour dessiner le flot d’une vie qui a de la gueule. Un flot à son image : cabossé, faits de creux ou de hauteurs, mais à tout bien considérer, toujours dense, puissant, unique. Une vie, en somme, qu’il semble contempler avec tendresse et un regard distancié qui le rend particulièrement touchant.
Sans ignorer l’aspect sombre de ce disque, il y flotte pourtant un parfum d’espièglerie (un ukulélé, une anecdote entre deux chansons « il pleut, merde, mon cuir ! ») et cette façon de théâtraliser les choses pour mieux prendre du recul. La valse de La Taille de mon âme et son introduction magique (« Je ne suis pas belle je suis vivante c’est tout » - Arletty, Les Enfants du Paradis) confère à son énumération parlée (« Si tu savais mon cœur … rien, si tu savais mes yeux … rien, […] ») une indéniable légèreté pour affirmer à quel point ses errances, considérées à l’échelle de l’humanité, sont anodines. Ce qui n’exclut pas l’immensité de chaque petite chose (« Si seulement tu savais la taille de mon âme »).
Et si la vie est une histoire, alors Darc se fait conteur. Sur C’était mieux avant où les violons et les cuivres agrémentés de petites notes de piano transportent dans un western à la Ennio Morricone, il y est son personnage principal. « Crad est Darc » ramène forcément au Gainsbarre de Gainsbourg dont l’influence est présente de bout en bout. Un fantôme qui veille sur sa diction un peu « fucked up » à la Bonnie & Clyde, mais qui, en même temps, ne lui ressemble pas, bien qu’il soit russe et d’origine juive, comme lui et artiste « foiré » – Serge aurait voulu peindre, Daniel, écrire des romans -, comme lui.
Sans doute parce qu’il y avait chez Gainsbourg une désinvolture affectée que Darc n’a pas, un cynisme incompatible avec le respect qu’on lui sent pour la vie, un optimisme presque, qui ne colle pas avec la noirceur d’un vrai-faux perdant. Parce que, en revenant à cette photo centrale en noir et blanc, Darc a les yeux tournés vers le ciel. Parce que, également, d’autres indices brouillent les pistes et mènent tout au contraire à l’espoir sur terre. Parce que le printemps, celui des naissances et de la sienne, en tout cas, s’invite, plus fort que son attraction pour l’hiver (C’est moi le printemps). Que les « rires d’enfants » sont précieux (Vers l‘infini). Et que la mélodie, les arrangements de Seul sous la lune sont incroyablement apaisants, faisant presque oublier des paroles nettement plus noires.
La musique, finalement, c’est ce que l’on retiendra par-dessus tout. Une musique composée avec Laurent Marimbert, touchée par la grâce, aux antipodes du phrasé maladroit et heurté de cet homme plus visiblement marqué que beaucoup d’autres ; une musique mélodique, lumineuse, riche d’arrangements aussi variés que subtils ; une musique qui fait que l’on prend le temps de s’arrêter sur ce disque, de faire une pause et parfois, de retenir sa respiration comme lorsque le très beau violoncelle d’Ana s’élève et émeut.
Le plus étrange, c’est qu’en fin d’écoute, ce Daniel Darc que beaucoup pourraient, de prime abord, considérer comme un débris, a l’air heureux. Mieux que cela peut-être : serein, voire sage.
Tellement sage qu’un auteur-chanteur de 25 ans, à l’aube de son premier album, nous l’a récemment abattu à la serpe en deux mots : « Maintenant, c’est comme s’il donnait des conseils ; c’est devenu un vieux con : il fait chier ». Il y a des chances qu’il en sourie, lui qui n’a jamais cherché à être un « vieux jeune », au contraire de beaucoup de ses contemporains. Il se pourrait même qu’il apprécie cette fougue un peu arrogante qui a l’infini des possibles devant lui, voire qu’il la chérisse, avec l’extrême bienveillance de ceux qui savent.
« Ce qu’il me faut, c’est la lenteur » dit un Darc qui sait qu’il a plus vécu qu’il ne lui reste à vivre. On la lui souhaite, à lui qui semble désormais connaître le prix de chaque instant.
La taille de mon âme est une bien jolie leçon de vie.
Article publié sur Discordance.
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A lire absolument :
- le très bel article de Catnatt sur son blog Heaven Can Wait suite à son entretien avec Daniel Darc : http://www.heavencanwait.fr/2011/12/meet-daniel-darc/
- l’article des Inrocks, par Francis Dordor, où l’on apprend qu’il s’est offert son tatouage avec les royalties de Coeur sacré, écrit pour Thierry Amiel : http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/76265/date/2012-01-19/article/the-cool-side-of-the-daniel-darc/
Edit : Merci à la journaliste Marjorie Risacher (qui anima “Pique et Coeur” et surtout “Au clair de la lune” sur France Inter) pour ses mots qui comptent d’autant plus qu’elle m’impressionne énormément.
DRIVE est sorti en France il y a plusieurs semaines de cela déjà et je vous en aurais parlé si ce blog avait été un blog cinéma ou plus honnêtement, si j’avais eu le temps.
On le sait bien, nous les blogeurs, qu’un sujet évoqué en trop grand décalage avec l’actu diminue considérablement ses chances d’être lu et parfois il faut bien le dire, entrainés que nous sommes par cette course à l’immédiateté, nous perdons de vue que si nous écrivons ce n’est pas tant pour être lu que pour dire ce qui nous tient à coeur (car notre avis est essentiel, n’est-ce pas ?).
Or en culture, qu’il s’agisse de littérature, de théatre, de musique ou de cinéma, l’immédiateté – osons le dire – c’est vraiment de la merde.
C’est ainsi que le billet le plus lu de ce blog (un blog de musique, je le rappelle) parle de Citadelle de Saint Exupéry, un classique, on peut le dire. Et que finalement, on ne voit vraiment la valeur d’une oeuvre que sur la durée, avec le recul.
J’ai donc vu DRIVE il y a deux ou trois mois. J’avais franchement aimé, sans pour autant éprouver le besoin d’en parler. Je n’arrive déjà pas à partager tout ce que je souhaiterais en musique, alors j’ai beau lire des livres (beaucoup) et voir des films (beaucoup moins), je n’écris que rarement à leur sujet.
Sauf que parfois, un enchaînement de circonstances fait que mon clavier me chatouille affreusement.
J’étais d’abord en voiture quand Radio Nova diffusa le titre Nightcall du groupe Kavinsky, plus connu pour figurer sur la bande son de DRIVE.
Et puis le soir même, une discussion animée sur Facebok me fit sortir de mes gonds pour défendre ce même film comme s’il avait été le mien. Parce qu’en lisant qu’il avait été surévalué, mon sang n’avait fait qu’un tour et qu’alors, tout m’était revenu d’un coup.
Pour commencer, la bande son était fantastique. Rien que sur les premières images, elle donne toute son atmosphère au film. Ces synthés froids électro so eighties, ces boucles lancinantes et hynotiques parfaites pour la route posent d’emblée l’atmosphère du film. Et pour ça, après quelques petites secondes seulement, DRIVE était déjà hors normes.
Pourtant, il y avait bien d’autres choses à dire.
Ce scénario, réellement, m’avait balladée du début à la fin. Sans avoir lu de ci de là des critiques me laissant présager autre chose qu’un film de courses-poursuites en effet, j’aurais eu du mal à aller voir un film intitulé DRIVE. Or le titre est bien la première fausse piste d’un film qui en comporte toute une liste. Dès le départ, les premières scènes laissent augurer d’un film d’action alors que c’est bien au delà de cela. Puis on croit que les deux personnages principaux vont rapidement se jeter dans les bras l’un de l’autre alors qu’il n’en est rien. Lorsque le mari d’Irène revient et interpelle Le Driver dans le couloir, on jurerait qu’il va lui casser la figure mais non, notre héros demeure impassible, répond à ses questions par un sourire ou à peine un oui ou un non… et le mari accepte l’amitié de sa femme (“Let mommy talk to her friend”) pour finalement la reprendre à son compte (l’amitié en tout cas ; la femme, un peu moins). Le héros lui même, réservé et mystérieux, se révèlera tout autre en avancant dans l’intrigue.
Le désir qui nait entre les personnages principaux est magnifiquement dépeint à travers une multitude de non-dits, de silences, de respirations qui soulèvent la poitrine, de sourires esquissés et surtout de regards incroyables ; autant de détails qui sont “l’avant” et qui sont tellement plus que des détails : des instants qu’on n’oubliera jamais alors que le désir s’est enfin concretisé.
Entre toutes, la scène où Ryan Gosling et Carey Mulligan se font face près de la fenêtre est sublime. Le temps semble s’être s’arrêter et l’attraction est si forte qu’on est à peu près sûrs qu’ils vont céder à ce désir tant le contraire parait inenvisageable. Pourtant Le Driver finit par s’en aller sans que rien ne se soit passé.
Alors que la droiture ultime du vrai faux couple semble avérée, la scène de l’ascenseur nous cueille à froid et nous trompe encore. Car si vous n’avez rien lu (ce qui m’étonnerait un brin car on n’a parlé que de cela) et pas encore vu le film, ne comptez pas sur moi pour que je raconte la suite de ces images.
Que j’ai n’ai pas franchement aimé cette fameuse scène importe peu : elle restera culte pour longtemps, comme le resteront les scènes précédemment évoquées (on m’a raporté qu’à Cannes, la salle avait applaudi à plusieurs reprises tout au long du film), le blouson frappé du scorpion doré qui se macule à mesure que l’histoire s’épaissit, ou encore l’ambiguité du personnage joué par Ryan Gosling.
La façon de filmer, en outre, est assez originale. Les cadrages sont inhabituels, le survol de Los Angeles en fait une ville qu’on reconnait à peine alors qu’elle a été maintes fois filmée, les ralentis relayent idéalement le suspens, les zooms sont atypiques et parfaits, la façon qu’à la caméra de glisser sur ses personnages les décrit mieux que d’inutiles bavardages.
Non décidément, il y a tant à dire que ça vous colle le vertige.
Avec, le plus important peut-être : que cela faisait des lustres que je n’avais pas vu un film sans être en mesure de prévoir le plan suivant.
J’aime que l’on me surprenne. Et rien que pour ça, honnêtement …
Allez, je vous remets Night Call une dernière fois. Cliquez encore : ce titre est fantastique et il ne faut jamais bouder son plaisir.
Si vous avez suivi, vous savez que je publie depuis plus d’un an et demi dans le magazine Discordance.
Un collectif, finalement, on n’a jamais rien trouvé de mieux. J’y suis venue grâce à Nico Brunet qui prenait régulièrement des photos pour le mag et avait promis d’enlever le bas si la page FB du webzine atteignait les 1000 fans. J’y suis restée pour la team que j’aime dans son ensemble et en particulier la qualité de certains chroniqueurs – Sam Cogrenne en tête -, photographes – dont Mauro Melis – et surtout pour le boss idéal dont doivent rêver tous les chroniqueurs du monde, j’ai nommé Pascal-aux-mille-vies, champion absolu de la zen attitude, le fondateur du webzine.
En cette période où les top 2011 se succèdent, nous avons eu, chez Discordance, la joie et la fierté de nous retrouver au 7ème rang des sites web préférés des lecteurs des Inrocks.
L’occasion de vous inviter à jeter un oeil sur ce magazine hors format et de vous proposer en particulier de ne pas manquer le dossier spécial Los Angeles, l’article magnifiquement illustré sur la sortie du 35ème tome de Berserk, le récit marathon des dernières Transmusicales de Rennes, ou encore le report privilégié ainsi que les splendides photos de The Cure au Beacon Théatre de New York.
Quant à mes papiers, vous les trouverez tous en cliquant sur la photo ci-après.
Venez nous lire !! http://www.discordance.fr/
Merci beaucoup
Le teaser était fantastique, augurant d’un clip sans doute un peu plus proche d’Albator que d’Interstella 5555 des Daft Punk.
Le clip entier est à la hauteur niveau dessins ; des dessins adultes, avec quelques scènes magnifiques et spectaculaires, comme cette mégapole ravagée d’un coup. La narration, en revanche, laisse un peu plus circonspect.
Il reste que si un curieux sentiment d’inachevé demeure – comme toujours avec les Stuck (Rock n Roll, man !) -, le titre est très bon (bien meilleur que les deux premiers extraits diffusés) et qu’il pourrait cette fois, présenté dans un aussi bel écrin, faire enfin de ce groupe au formidable potentiel LE groupe dont tout le monde parle dans les dîners en ville.
Go Brother ! Sois le bienvenue sur la planète 2012
On a beau être en 2011, Fancy n’a pas oublié qu’être sur scène était tout sauf anodin. Le champion français du Glam Rock par excellence a toujours affirmé qu’il était là pour « vendre du rêve » et permettre à son public de s’évader du quotidien. Pour eux les concerts sont toujours des spectacles qui doivent laisser étourdi et ravi, par seulement une occasion de vendre des chansons d’un petit air détaché.
De fait, Fancy a toujours mis les petits plats dans les grands, laissant planer le doute sur l’identité sexuelle de ses musiciens, se maquillant et se costumant avec application, prêt à mettre le paquet et à forcer le trait s’il le faut, jusqu’à la voix de son chanteur poussée à l’extrême, vers les aigus.
Un chanteur pas avare de sa sueur pour un sou, jamais en repos, qui saute, s’agenouille, se déhanche (Ah ! ce fameux déhanché de Jessie Chaton), harangue la foule, joue avec son micro, prend des poses de Diva, exécute un début de strip-tease, donne de la voix avec générosité, réclame les hurlements d’un public en délire, arpente la scène de gauche à droite puis se passe, tel Dalida, les doigts dans sa splendide chevelure afro avant de scotcher son auditoire sur une simulation de coït.
Les japonais en sont fous, davantage capable que nous sans doute d’apprécier la démesure d’un groupe que n’aurait pas renié Freddie Mercury. Et parce que ceux qui donnent tout sans retenue aurons toujours ma préférence sur les tristes sires, il faut souhaiter que la folie débridée de Fancy saura convaincre notre (trop) petit hexagone encore davantage lors de la sortie de leur prochain album, actuellement en préparation.
D’ici là, vous pouvez vous régaler des talents de musiciens (et de son petit cul qui balance, aussi) sur les concerts de General Elektriks que je vous conseille TRES vivement de ne pas manquer.
Merci les Fancy, on n’est pas obligés de le dire seulement sur Facebook : « c’était trop bien ».
http://www.facebook.com/welovefancy
Remerciement : Muriel, des Gibus Calling.
Le Plan, 1er samedi de décembre et en fait on y est déjà, au dernier concert d’Applause en France pour la tournée “Where it All Began”.
A peine six petits mois depuis le Café de la Danse, le temps a passé à toute vitesse et les deux derniers concerts seront pour la Belgique. Normal sans doute, quand les trois-quart de la formation viennent du Plat Pays mais tout de même, ça fait drôle de se dire qu’on ne sait pas trop quand on va les revoir …
Avec ma petite histoire de construction (et un budget concerts proche du zéro absolu), des articles déjà trop nombreux chez Discordance (pas question de demander une nième accred) et une fierté toute Bretonne (plutôt mourir que de demander une invit), les probabilités d’assister à cette sorte de Good-Bye Party flirtaient dangereusement avec le néant.
Me voilà donc branchée sur les sites de concours, et bientôt miraculée (merci http://www.concertlive.fr/), puis, loin en banlieue sud, dans ce fameux Plan dont je me rends compte que je n’y ai jamais mis les pieds. Pourtant c’est une belle salle, conviviale avec ses fauteuils sur les côtés et sa disposition en forme d’éventail avec, de part et d’autre de la scène, des parties surelevées qui permettent à tous de bien voir et d’apprécier le concert à sa façon.
Quel plaisir de retrouver les Applause pour un set long que leur nouvelle position de “tête d’affiche” leur permet enfin de donner. Dix-sept titres en tout dont deux petits nouveaux (Basement et Baby Fire), et pas une seconde d’ennui, pas un temps mort.
Le concert, globalement, semble un poil moins rock et un chouya plus groovy, comme si, après s’être cherchés, Applause avait trouvé le ton juste. Alors que c’est la quatrième fois que je les vois cette année, je reste surprise. Jamais un de leurs concerts n’a ressemblé à un autre, jamais une set list n’a singé la précédente, jusqu’aux titres eux-même, parfois réarrangés. Applause est toujours en mouvement, toujours inventif, tourné vers l’après.
Si certains morceaux plus anciens sont toujours là (superbe Traceability, extrait de leur EP), ceux de l’album, Where It All Began – le bien nommé – sont de mieux en mieux maîtrisés à l’instar d’un excellent Black Sand ce soir tandis que de nouveaux titres apparaissent, qui préparent la suite.
Et puis ce White Funeral. Alors celle-là, mais celle-là. Toujours ma préférée, en version live comme en version studio. Avec son crescendo, la guitare de Manu qui s’envole vers 2:25, la batterie grandiose de Jérémie à partir de 3:20, les cris incantatoires de Nico vers 5:10, et la boule dans le ventre, l’état de transe qui monte, qui monte, les poils qui se dressent et la poitrine qui se soulève !
Celle là en live est une tuerie absolue qui remplit le corps, qui envahit comme une déferlante, emportant tout sur son passage. Une performance, magique, qui fait tout oublier. Une performance rare et précieuse : ce genre de sensation, lorsqu’on l’a vécue une fois en concert, est de celles après lesquelles on court ensuite sans relâche, sans grande chance de la retrouver…
Oui vraiment, il nous manqueront les Applause. Le sourire et le déhanché de son bassiste qui rend heureux, la générosité de son chanteur chaman extra-terreste, la grandiose humilité de son clavier chef d’orchestre qui danse derrière ses instruments, la rythmique de son batteur qui fait battre le coeur plus fort, les orgasmes communicatifs de son intense guitariste, l’énergie et la belle communion du groupe qui échange pour mieux transcender l’ensemble.
On a adoré les suivre et les voir grandir, adoré leur musique et leur attitude plus classe qu’ils ne s’en douteront sans doute jamais, adoré leurs faces à faces, leur extrême gentillesse, leurs vibrations, leur humanité, leur talent, leurs abandons et le bonheur qui restait longtemps après chacun de leur concert.
Je crois que ça va être dur d’attendre en fait. Comme si j’avais un peu de peine de cette fin de tournée, avec la gorge qui se serre …
On dirait bien que j’ai un brin le cafard, tiens !
Prenez soin de vous les Applause. Et rendez-vous le plus tôt possible. Promis ?
Set List : Beating – Road to nowhere – The Woods – All ABout You – Traceability – Beast – Closer – White Funeral – It’s About Time – Basement – Black Sand – Baby Fire – Witches – Children // The Lighthouse – White Rabbit – Beginners
Vous vous souvenez peut-être de mon billet Attachée de presse – Chargée de promo malgré moi, qui me valut 4 places pour assister à l’enregistrement de l’album de la semaine de Canal+ de dEUS (album dont vous pouvez toujours lire la chronique ICI).
L’émission a enfin été mise en ligne et je ne résiste pas au plaisir de vous en faire profiter. “Profiter” n’étant d’ailleurs pas forcément le mot qui s’impose, tant cette retransmission ne rend pas justice à l’excellente impression laissée par ce live.
Sensation de cacophonie en début de set, voix fausse (tout spécialement sur les deux premiers titres) ou trop en avant par rapport aux instruments (c’est du rock enfin merde !!!), il est douteux que cette diffusion ait pû convaincre qui que ce soit …
J’aurais préféré ne jamais la voir, et rester sur la voix cassée de Tom Barman sur The End Of Romance qui m’avait tellement impressionnée sur place.
Fort heureusement, l’émission préserve malgré tout ce titre, à condition de positionner directement le curseur sur 16:30 et de vous laisser porter par ce chant parlé du grand Tom, assis en fond de plateau, qui pourrait bien vous faire retenir votre respiration comme ce fut mon cas, lors de ce petit moment d’éternité.
Quelle classe tout de même, ce morceau…
A ne pas manquer en fin de vidéo, une interview en français.
Belge is beautiful.
“Serge a une petite amie, et son prénom, c’est Julie” (adaptation libre).
Et Julie chante. Pas de la pop ou du rock non. Car Julie est une chanteuse de formation lyrique. Et Julie, il était grand temps de la voir sur scène.
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Après la grande catastrophe, trois femmes et un homme (et une mouette) sont les seuls (?) rescapés de la Grande Gatastrophe (écologique, économique, fantasmagorique…). Ils s’ennuient mortellement sur leur radeau où un piano demi queue a miraculeusement embarqué (Philippe Barbey-Lallia, excellent), quand soudain …
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Bouteille(s) à la mer est un spectacle de théatre chanté où se mêlent avec bonheur lyrique, burlesque, poésie de Prévert et musique de Kosma. Une sorte d’opéra comique à la portée de tous, qui pose les grandes questions comme les petites, fait rire et participer un public avec notamment, un siège privilégié (on ne vous dira pas lequel).
Pour ceux qui n’ont jamais vécu l’expérience d’un chant lyrique à quelques centimètres de vos oreilles, c’est un peu le grand frisson. Comme si le souflle libéré de la gorge déployée des chanteuses (Julie Horreaux donc, mais aussi Hélène Richer et Élodie Fonnard) se propageait jusqu’à votre propre poitrine pour la soulever à son tour.
Entre deux poêmes, une multitudes de petites allusions fera rire ou sourire, de Balavoine (Mon Fils ma bataille) à Corneille (“Rodrigue, as-tu du coeur ?”), à l’image d’une mise en scène très réussie.
Dans ce tout petit endroit typiquement parisien, on entre sur des pavés de verre à travers lesquels on aperçoit la cave, puis directement au comptoir derrière lequel on peut vous préparer un petit dîner (sur réservation), pour se rendre compte qu’on est déjà dans la salle …
Une heure vingt de spectacle sans interruption, accessible à tous, dans des conditions privilégiées. Paris regorge de petits bonheurs de ce genre ; à ne pas manquer, assurément !
Ne venez pas me dire que vous ne le saviez pas ..
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Prochaines représentations les Samedi 3 Décembre à 21h – Dimanche 4 Décembre à 20h30 – Dimanche 11 Décembre à 21h – Vendredi 16 décembre à 21h – Samedi 17 et Dimanche Décembre 18 à 17h – Lundi 19 et Mardi 20 Décembre à 21h.
Les Rendez-Vous d’Ailleurs, 109, Rue des Haies, Paris XXème / Entrée : 15 euros / Réservation au 01 40 09 15 57
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Toutes les photos sur le Flick’r d’Isatagada
Un autre compte rendu de ce spectable sur le Blog de mon amie MHF
Rufus jouera à Paris, La Cigale, le 2 mai 2012. Rufus y avait joué en 2005 coiffé d’un diadème et déguisé en fée, s’y était autoproclamé “Miss Paris”. Je dois avouer que ce Rufus là me manque un peu …
Les places sont en prévente dés demain 1er décembre sur ce lien.
Gageons que Rufus nous y présentera son prochain album lequel – selon Eline, merci à elle ! - devrait s’intituler OUT OF THE GAME (titre annoncé par Rufus lors d’un concert récent). Nous verrons alors ce que cette collaboration avec Mark Ronson a engendré !!

Conformément à ce qu’ils affirment, certains personnages du groupe Juveniles sont jeunes. Le type même qu’on taxerait volontiers de petit con. Le genre qui te prend de haut parce que certaines choses “sont réservées aux pros” (là tu as bien compris Isa, j’espère ?) et en fait, te traite comme une merde alors que tu le suis depuis le tout début - et proposé de l’adopter, le pire.
Ok, bien joué, tu as eu mal.
Donc tu te dis que tu vas arrêter de lui faire de la pub, ne pas perdre ton temps avec ce mec là et le virer d’un peu partout.
Sauf que toi, tu es une princesse après tout. Que tu es libre. Et que tu fais bien ce que tu veux si tu en as envie. Parce que toi, si tu fais le point, tu n’es pas là pour te faire des amis de cet acabit, non. Tes amis tu les connais, et ce que tu aimes, c’est la musique. Les gens derrière, finalement, tu t’en balances. D’ailleurs, ceux dont tu parles dans tes colonnes, tu te rends compte qu’à de rares exceptions près (Babet, Nicolas Ly, Bertrand Priouzeau et les filles des Forget The Heroes – je mets A Guy In Light entre parenthèses, il sait pourquoi - , ça ne fait pas beaucoup tu vois) tu es bien heureuse de ne pas trop les fréquenter.
Et là tu vois le dilemne. Juveniles, tu aimes vraiment bien leur musique. Ces petits synthés so Depeche Mode, cette voix so The Smith, ces mélodies so efficaces, tu les écoutes encore.
Il semble dès lors indispensable de balayer d’un revers de manche impérial le côté “tête enflée” de nos chers Artistes, et de partager ces morceaux que vous avez bien le droit de découvrir après tout, vous aussi.
Finalement, il y a fort à parier que tu écriras toujours quand l’autre merdeux aura arrêté depuis un bail de faire de la musique pour soigner des caries et arnaquer la Sécu. Car il sera dentiste à la fin, n’est-ce pas ?
Ne me remercie pas, petit-Pierre, on est comme ça nous, les princesses. Et puis tu fais chier aussi, à faire de la bonne musique malgré tout …
Mort à Vegas. Drôle de nom pour un groupe qui, au dernier festival Rock en Seine, nous a davantage ébloui par la forte résonance de son set que par un quelconque désert de sens. Mais à des semaines de la grosse claque assénée en festival, sans le déluge de strombos hypnotiques qui nous avaient fait quitter cette planète, l’album serait-il à la hauteur ?
Autant tuer le suspens d’entrée, car on se fout un peu des effets stylistiques lorsqu’on est confronté à ce type de petit chef d’œuvre : ce disque est une pure tuerie…
L’ouverture se fait sur Silver Time Machine, titre hommage (à Elvis, Syd Vicious …) sur lit de violons ; une litanie qui semble s’étirer sans fin, jusqu’à ce que la transition (imperceptible entre la première et la deuxième piste) s’annonce sur fond de banjo mélangé à des bruitages d’espace-temps « asimoviens ».
Alors, Black Hole embarque brusquement l’auditeur pour un voyage spatial et initiatique foudroyant, avec la voix qui pousse le volume d’un coup sur des guitares saturées dont on pensait que seul My Bloody Valentine avait le secret.
Suspendu entre ciel et terre, sons électroniques et cordes, porté par une voix qui rappelle par moment celle de David Bowie, l’album de Death in Vegas marque le retour fulgurant de Richard Fearless après 7 années d’une trop longue absence (pour, entres autres, un groupe qui n’aura pas marqué les esprit et des études en « photographie grand format »). Bien peu auraient parié sur ce retour en grâce du producteur britannique et pourtant, on ne peut que louer François Missonnier de lui avoir offert à Rock en Seine cette opportunité de présenter son nouvel album devant une aussi large audience.
Il faut dire que Death in Vegas mérite mille fois une telle exposition. Loin des figures imposées (pas un titre qui ne descende en dessous des 4:20, le plus long dépassant la barre des 7 :30), Death In Vegas revendique une liberté indispensable et prouve qu’il n’a pas son pareil pour faire planer autant que danser (sur Your Loft In My Acid – avec Kate Stelmanis d’Austra -, ou Scissors, notamment), se posant en champion moderne d’une techno grandiose et enfin accessible.
« Techno », un mot qui peut faire peur à l’immense majorité des non-ravers, et pourtant. Nul besoin d’être un spécialiste pour reconnaître immédiatement la portée de ce disque dans lequel chacun peut se réinventer… il suffit d’être … un rêveur !
Rêveur, comme les adeptes de la science-fiction peuvent l’être. Ceux qui convoquent en esprit aliens, galaxies lointaines, sensibles à des sensations futuristes que Radiohead et Daft Punk firent ressentir en leur temps (avec Ok Computer ou Interstella 5555). Ceux qui rêvent d’un avenir dont on se demande s’il n’aurait pas dû être le présent dans lequel nous devrions baigner depuis longtemps, comme si c’était nous, en somme, qui avions pris du retard sur les promesses des grands auteurs du genre.
Et s’il est dansant (Medication, à son tour), ce sont surtout les accents les plus sombres du disque qui imprègnent l’imaginaire. A l’instar des productions de The Horrors (que Fearless a remixé) ou de This Mortal Coil (sur Witch Dance en particulier) auxquelles on pense souvent, il s’agit là d’un disque à écouter la nuit, bande son parfaite de ces heures où les barrières sont tombées, celles où l’on se dévoile.
Rock psychédélique, dub, dance, transe, électro-pop, ou trip-hop, Death in Vegas se balade d’un sous-genre à l’autre, nous prend pour ne plus nous lâcher jusqu’à la fin et ce Savage Love qui nous abandonne, étourdi et ravi. On se réveille flottant en apesanteur, débarrassé de tous ces poids qui entravent, une sorte de nirvana enfin atteint, avec, pour dire au revoir et appeler la suite de ses vœux, trois notes qui ramènent immanquablement à Rencontres du troisième type et ce besoin de renouveau qui transporte avec lui sa folle espérance.
Décidément, il y a dans cette musique les grands espaces, les vides interstellaires et magnifiques au milieu desquels l’infini s’impose. Un infini qui ne doit pas faire peur mais au contraire inspirer curiosité, excitation, désir de l’ailleurs comme de l’autre.
Tout est possible !
D’ailleurs, l’émotion a surgi au détour d’un synthé…
Trans-Love-Energies. A la fin de l’écoute, chacun de ces termes aura pris tout son sens.
Article publié sur Discordance.fr
Je suis mega fière d’annoncer que mes amis de E.T. On The Beach assureront la première partie de AaRON les 24 Janvier 2012 à Lens et 26 Janvier 2012 à La Louvière.
L’occasion de dire et de redire au compositeur et initiateur de ce projet, Guillaume Poyet, comme sa musique est belle et à quel point les voix de Nicolas Ly, Kanyor, Julie et Sodadeth San servent avec bonheur cette série de véritables petits chefs d’oeuvre.
Je leur souhaite tout le succès qu’ils méritent.
Going to space from E.T. On The Beach on Vimeo.
“Mais non, c’est parfait pour une mise en jambes” répond le tourneur ALIAS à ma protestation véhémente quant à la taille de la salle qui verra le retour de Mathieu (leader du groupe ASYL) sur scène pour le lancement de son projet solo LESCOP.
Le Pop In est blindé de monde en ce lundi soir de Novembre. Alors qu’à quelques mètres de là, le Panic Room a l’air totalement vide (la déco pourtant, est franchement très sympa vue de l’extérieur), le petit bar concert tenu par Denis depuis des lustres dégueule sa foule en masse sur les trottoirs alentours. Ce n’est pas uniquement un “effet fumeurs”, puisqu’une fois la porte poussée, il faut encore jouer des coudes pour se frayer un passage jusqu’à l’escalier qui mène à l’étage, pour naviguer entre les deux salles du haut et redescendre enfin par l’autre escalier, vers la minuscule salle de concert.
Ouf, on y est.
Bien calés sur les marches qui mènent à la sortie de secours, le poste d’observation est privilégié. On remarque très vite un changement qui ravira tous les photographes : Alleluia, les lights ne sont plus rouges mais blanches, il semble donc possible de réaliser quelques images dignes de ce nom. De quoi regretter amèrement d’avoir oublié mon petit compact à la maison, d’autant que cela n’arrive pour ainsi dire jamais.
Mathieu Lescop s’est levé et commence à chanter. “Elle te regarde [...] c’est insolant, c’est venimeux … c’est insolant, mais tellement beau … beau et violent … peut être un peu trop… Marlène !”. C’est vrai, on avait presque oublié : c’est de la pop mais en Français. Avec sa diction si claire, sa façon de détacher les syllabes, on comprend chaque mot et c’est tellement étrange finalement, avec la quasi totalité des concerts que l’on fait en anglais.
“Vous êtes nombreux quand même. C’est malin, ça m’a foutu le trac !”
Tu m’étonnes. On dirait même que le premier rang aussi, a le trac. Très près, trop près, gênant. Du coup il ferme les yeux, le premier rang, quand il ne regarde pas de biais, vers le sol. Mais tu irais fixer Mathieu Lescop droit dans les yeux à un mètre, toi ?
” Nous marchions tous les deux…” chante-il à présent avant d’enchaîner avec son magnifique single La Forêt, tellement Daho, en version infiniment dark (Darc ?) cependant. La salle se déhanche encore davantage.
LESCOP est foutrement habité ; il chante en s’oubliant tellement qu’il donne parfois l’impression que ses yeux vont se révulser. Sa gestuelle est saccadée ; entre ça et sa cold wave (pardon, sa “Pop Noire“), impossible de ne pas penser à Joy Division et l’acteur du film CONTROL avec ses moulinets de bras.
Le corps tendu vers l’avant, on dirait qu’il repose sur son pied de micro de tout son poids. Plus tard, il danse dos au public, tourné vers le mur du fond, ses doigts appuyés sur le plafond bas du Pop In, comme s’il se tenait à l’envers pour ne pas tomber.
En chantant “Los Angeles” puis “la nuit américaine”, il a enlevé sa chemise à carreaux pour se retrouver en tee-shirt noir, troué sous les bras, qui accentue encore son teint cireux.
Son vent (qui) souffle à perdre haleine l’emporte, les bras levés pour une danse qu’il partage avec toute la salle. Ce titre là est vraiment excellent.
Il fait une chaleur affolante désormais ; l’atmosphère est moite et pour “Retiens la nuit” le Pop In sent cette sueur des caves qui ne dorment jamais.
Quelqu’un s’approche depuis le fond de la salle et chuchote quelques mots. Mathieu Lescop acquiesce et reprend le micro : “On s’arrête là
on revient dans 25 mn. Pour un 2eme set. A tout à l’heure ?”
Nous restons sur nos marches tandis que Denis ramasse les verres vides. Et puis on nous fait remonter, toute la salle doit sortir, vraiment. Là-haut, on surprend des mots qui laissent à penser que peut-être, ce sont les même chansons qui seront rejouées. La magie est brisée. On n’aurait pas dû entendre et pas dû remonter.
Alors on achète un précieux vinyle quatre titres, et on se dit qu’on a eu une assez belle soirée jusqu’à présent.
Et qu’on a hâte de revoir ce garçon d’une classe folle sur une plus grosse scène, le plus rapidement possible.
WAH.
http://www.myspace.com/lescoplescop
Prochain concert à l’International le 20 novembre 2011
Autant l’avouer : si on peut apprécier à différents degrés les concerts de nos salles parisiennes, on finit par voir toujours un peu la même chose, y compris en festival. A faire le compte et se demander qui aura su nous bousculer dans nos sacro-saintes petites habitudes ces dix dernières années, qui nous aura fait hésiter, qui nous aura intrigué, nous aura donné la sensation d’une prise de risque, aura séché nos pauvres tentatives de comparaison avec le groupe x ou y, nous aura fait douter de nos si belles certitudes, on se retrouvera sans doute relativement pauvre à l’heure du bilan (car – bémol important -, tout reste relatif, ne l’oublions pas).
«La chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres vu tous vos lives* », se lamente parfois l’âme musicale en manque de sensations capables de rallumer la petite flamme qui sommeille en elle.
Aussi, en ce dimanche soir de Novembre, lorsque François affirme au public de la Boule Noire : « Si vous voulez savoir pourquoi y’a eu un buzz sur Fránçois & The Atlas Mountains, c’est simplement à cause de ça » avant d’entamer une chorégraphie qui fait s’élever des hourras dans l’assistance, il est certes un peu dans le vrai, mais bien trop modeste à la fois.
Car son projet est bien plus que « simplement […] ça », et en concert, il est encore davantage.
Bien sûr, il faudra peut être mettre de côté ses préjugés pour commencer, tant ces quatre là se sont affranchis de tous les codes qui contraignent d’ordinaire mais nous sont familiers, aussi. Sans autre ligne directrice que celle d’une liberté artistique sans bornes, les Fránçois & The Atlas Mountains prouvent que rien ne peut se mettre en travers de leurs envies. Ni le mélange des langues, ni celui des styles, ni les instruments parfois créés de toute pièce, ni les positions scéniques, ni même les versions des chansons réarrangées au gré de leurs envies, rien ne les arrête.
Les mots disent enfin sans retenue ce que l’esprit ose penser : que nous pourrions tous être Les plus beaux, qu’il faut savoir rêver, que la poésie ou les contes évadent, que l’amour fait du bien – et peut importe l’idiome.
Le corps danse sans se préoccuper du jugement d’autrui, revenu au temps où les conventions n’existaient pas, où l’on pouvait coller son visage dans le creux d’une épaule (démonstration sur scène avec François et Amaury sur Slow Love), où le mouvement de chaque membre était ample, entier, décomplexé (géniales danses africaines de bout en bout).
La musique n’est pas figée, pas une seule seconde. Déjà, l’album de Fránçois & The Atlas Mountains mélangeait pop, groove et sonorités africaines, jazz. Mais le live va plus loin encore. Une version disque est continuellement réarrangée (bluffantes et fantastiques, la visite électro au « so jazzy » Slow Love, ou la surprise carrément techno du final de La Piscine) et aucun concert n’est semblable à un autre, pour des instants qu’il faut saisir pour ce que chacun a d’unique, de magique.
Tout bouge, tout change ; rien n’est définitif, la musique doit couler comme une matière organique, qui évolue, grandit, se transforme, suit son cours. Les instruments, comme les places sur scène, rien n’est « attitré », tout peut changer (excellent transfert d’un clavier à l’autre entre Gérard et Pierre sur Way To The Forest). La musique est comme la vie.
Et que dire des harmonies vocales, que l’on se surprend à goûter chaque fois un peu plus ? Il y a François, oui, mais ensuite on découvre la magnifique voix de Gérard, pour se rendre compte que Pierre prend aussi sa part dans des chœurs, et puis ah ! mais Amaury aussi, tiens, pieds nus derrière ses percussions, n’est pas en reste.
Tout concourt pour revenir à des valeurs simples, ancestrales. L’amitié, les bons moments à partager ensemble, les sourires (beaucoup sont échangés chaque soir), le remerciement qui enrichit (au FAIR, à qui le groupe dit devoir beaucoup), le bonheur possible, l’énergie de la communauté qui nourrit, cette sorte de lumière qui vient de l’intérieur et qu’il suffit d’un rien pour faire grandir encore, jusqu’à ce qu’elle irradie en dehors.
Une naïveté, oui. Assumée. Revendiquée. Qui fait souffler un vent de fraîcheur inédit. Qui fait du bien.
Fránçois & The Atlas Mountains ne fait pas seulement de belles chansons qui font danser sur des chorés amusantes, non. Fránçois & The Atlas Mountains comble un vide.
Et pour cela, on les aime à jamais, croisant fort les doigts pour que rien ne les abîme…
Oh ! pour un peu j’aurais presque oublié : en plus ils sont très beaux.
* Mallarmé me pardonnera cette légère digression, là où il est il s’en fout de toute façon
Set list :
Une version courte de cet article, avec les photos de Mauro Melis et le clip de La Piscine est disponible sur LE TRANSISTOR, avec qui ce concert était ma première collaboration (merci Agnès !)
Toutes les photos et vidéos live (c) Isatagada ICI et LA












































