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Un superbe clip pour le nouvel EP des Natas Loves You

2014 mars 12
Posted by isatagada

Pas à dire, ils ont frappé très fort les Natas Loves You rencontrés tantôt sur la place de l’Hôtel de Ville (voir ICI). Parce qu’il est bien beau, le clip annonciateur de leur album ; ah ça c’est clair ils ont bon goût, chez 3ème Bureau (Wagram) – une fois de plus. Ouais ouais, même s’ils n’auraient pas dû remercier mes chers APPLAUSE nous sommes d’accord (mais passons).

Tourné au Rajasthan, le clip nous embarque dans un monde qui se situe à des années lumières de notre petit quotidien francilien entre palais de maharadja, lacs, montagnes, éléphants, chameaux et singes malins, dans une lumière à la puissance d’évocation tout bonnement féérique.

Le genre de défilé qui force à la rêverie et donne envie d’y revenir encore et encore ce qui donne fort opportunément l’occasion à la chanson de faire son chemin. A voir et à revoir … jusqu’à la sortie de l’album The 8th Continent cet été ! Well done les gars (et Thibault Dumoulin en particulier). Vraiment vraiment.

Et pour patienter, le petit EP qui va bien :

My name is Bond, Justin Vivian Bond ! Love is Crazy @ Chaillot | 15.02.2014

2014 février 26
Posted by isatagada

Justin Vivian Bond @ Chaillot 2014

Justin Vivian Bond @ Chaillot 2014

Ni Mr ni Mme, le suffixe « Mx » conviendrait en revanche pour Justin Vivian Bond, qui a refusé de choisir son camp d’une façon aussi tranchée. « Personnellement, je n’ai jamais envisagé de me ranger d’un côté ou de l’autre. Pour moi prétendre être une femme serait aussi faux que la comédie que l’on me demande de jouer depuis longtemps, celle d’être un homme. J’aimerais avoir le luxe de la liberté de m’exprimer avec le plus d’honnêteté possible et de faire respecter ma vérité. […] Pour moi il n’existe pas de sexe opposé. Il n’y a que l’identité et le désir ». 

Justin Vivian Bond @ Chaillot 2014

Mx Bond (que l’on peut aussi appeler V – « car Vivian commence par un V et que visuellement, un V est composé de deux côtés qui se rejoignent au milieu. »), outre ses talents de performer, chante, écrit, et peint. Après Kiki and Herb, Justin Vivian doit principalement sa notoriété au film de John Cameron Shortbus, sorti en novembre 2006 et qui le met en scène dans son propre rôle pour un final crescendo autant qu’inoubliable.

En ce lendemain de Saint Valentin, la légende du cabaret new-yorkais faisait au Théatre National de Chaillot l’une de ses rares apparitions parisiennes, en clôture de la série de représentations de Kabaret Warszawski. Au beau milieu du foyer, entouré d’un public d’afficionados attablés autour de verres de bon vin ou de coupes de champagnes (qu’on ne vous servira pas s’il n’est pas assez frais), l’ambiance n’a jamais été aussi « cabaret ».

Justin Vivian Bond @ Chaillot 2014

L’entrée de l’artiste est triomphale. Les cheveux long blond platine, revêtue d’une robe longue fendue qui laisse deviner des jambes d’une finesse à faire pâlir d’envie n’importe quelle femme (trop) normalement constituée, parée d’escarpins aux talons argent vertigineux (« They ARE Chanel »), Justin Vivian Bond est là pour faire le show.
Saluée par la pleine lune comme par la Tour Eiffel, accompagnée d’un trio guitare piano et violon, l’américaine livre un récital dont l’Hexagone reste assez peu coutumier, mêlant humour et chansons, se distinguant par dessus tout par ses longs monologues – souvent hilarants.

Justin Vivian Bond @ Chaillot 2014

Rapidement, l’image « trans-genre » s’efface pour laisser place à une personnalité hors normes attachante et assez fascinante. Sur scène on se laisse prendre totalement par le spectacle, sans plus chercher à qui l’on a affaire tellement la question parait finalement peu essentielle.

A la fois drôle et émouvante, forte d’une voix qui ne joue aucun autre rôle que le sien, le charisme de Mx Bond écrase tout le reste.

Justin Vivian Bond @ Chaillot 2014

Love is Crazy lui donne l’occasion de chanter ses chansons préférées, dont un extraordinaire (dans le sens premier du terme) In The End repris en cœur par la salle toute entière tandis que l’artiste mime des cuivres grandioses avant de se lancer dans un délire sur les défibrillateurs portables.

A ce compte, les ovations et rappels seront à la hauteur d’une soirée d’exception.

NDLR : l’utilisation du féminin ou du masculin alterne, totalement au feeling.

Plus de photos sur le Flick’r d’Isatagada

Article publié sur Discordance.fr

Remerciements et mots doux : Thierry M. et Amaury A.

A lire, le blog de Justin Bond (avec ma photo !)

APPLAUSE 2014 le retour

2014 janvier 31
Posted by isatagada

Après un premier album Where it all began signé chez 3ème Bureau / Wagram) en 2011 (chronique ICI), APPLAUSE revient avec en étendard le single Sorry et une rupture désormais totalement consommée avec ce que les auditeurs de NOVA avaient pu aimer de douceur dans le groupe.

Succédant à un EP très groove, écrin parfait à la voix buckleyenne de Nicolas Ly, l’album avait déjà amorcé un tournant plutôt rock et parfois carrément électro.

Avec Sorry, APPLAUSE s’engage dans une expérimentation qui va plus loin et semble plus assumée encore, sur laquelle la “dark side” de la formation franco belge s’exprime pleinement.

Côté artistique, les dessins jouissivement malsains de Nicolas Ly répondent à des images de la même veine (le crâne découpé met les orbites à nu dans une version et se fait fruit dans une autre ; les cheveux avalés promettent l’étouffement ou ne sont plus que bandes agitées au choix manichéen YES/NO…) tandis  que les beats saturés qui accompagnent les battements d’un cœur au crayon à papier ponctuent un chant qui boucle et boucle sans fin comme le ferait une séance d’hypnose.

“I want you now, I want you back”.

Comme un hymne.

APPLAUSE.

Photo (c) Kmeron

https://www.facebook.com/WELOVEAPPLAUSE
http://www.weloveapplause.com/

Le titre est en exclu et en téléchargement gratuit  sur TSUGI jusqu’au 3 février (pour ma part, je n’ai pas encore trouvé comment alors je compte sur vous. Ahem !)

AV @ les Trois Baudets | 15.01.2014

2014 janvier 19
Posted by isatagada

AV @ les Trois Baudets 2014

Bien longtemps que je n’avais pas revu AV sur scène. Très exactement depuis leur passage à Rock en Seine en août 2012. Il était plus que temps d’y retourner.

 AV @ les Trois Baudets 2014Au rang des news, des morceaux tout neufs, un EP tout juste sorti, une parution dans le mag Grazia,  une reprise de Dominique A., et un titre remixé par un membre des Death in Vegas himself et par lequel débutera la soirée.

Mort à Vegas remixé par Death in Vegas, le truc était trop tentant, le truc a été tenté, le truc a fonctionné. Le résultat est assez parfait, puisque l’on reconnaît sans peine la signature des britanniques en même temps que la chanson originale.
 

AV @ les Trois Baudets 2014Pour un début de set en tout cas, le morceau sonne drôlement bien dans sa version live, avec une signature reconnaissable entre toutes dans cet équilibre calibré au millimètre près entre le synthé idéal (colonne vertébrale des titres), la basse (qui cadence chaque chanson de façon indispensable), AV @ les Trois Baudets 2014et la guitare électrique (atout classe autant que rock). L’ensemble sert d’écrin aux mots et à la voix du ténébreux Adrien, dernier petit prince en date de la cold wave made in France, et qu’on n’a jamais vu si proche du regretté Ian Curtis.

Les yeux et le visage fermés, ce dernier bouge en revanche bien plus que par le passé, adoptant parfois la gestuelle du patineur de son vénérable aîné pour danser. AV @ les Trois Baudets 2014Il vient aussi au plus près du public à plusieurs reprises, exprimant ses regrets devant le manque de réponse d’une salle un peu trop intimidée par ses fauteuils rouges, plus appropriés pour une séance de cinéma que pour un concert.

AV @ les Trois Baudets 2014Si les anciens morceaux sont toujours aussi bons (Venus bar, Zombies, et un superbe Autostrada en final), les nouveaux le sont tout autant. Outre la reprise très réussie d’Hotel Congress de Dominique A., c’est d’abord J’aurais fait pareil et son imparable mélodie qui remporte la mise, aussitôt suivi dans notre top personnel par Grand Action, très différent des autres titres avec son tempo incomparablement plus rapide.

AV @ les Trois Baudets 2014Derrière tout cela et que l’on ne voit pas il y a Alexandre Armengol, le compositeur, qui fait mouche à tous les coups et auquel il est grand temps de rendre hommage alors qu’AV lui-même lui dédicacera le concert.

Ajoutez à cela la mise en place de chœurs et la recherche toujours aussi fine de textes ambitieux en français, un style entre Joy Division, Kavinsky, Bashung et Taxi Girl, des machines qui synthétisent le meilleur de l’ancien et du moderne, et vous aurez les bases de ce projet de grande qualité qui devrait, distinguer AV du tout-venant pour leur ouvrir grand les portes d’un bel avenir.

(c) Photos et vidéos (sauf le Remix) (c) Isatagada
Le set photo complet est visible sur le Flick’r

Inauguration du Cinéma Le Select à Antony | 13.01.2014

2014 janvier 14
Posted by isatagada

Inauguration ce lundi du nouveau cinéma d’art et d’essai à ANTONY, ouverte au public “dans la limite des places disponibles.”

Mauvaise idée, si l’on en croit la queue impressionnante qui s’est formée de façon anarchique devant et sur le trottoir de chaque côté de l’entrée, débordant sur la route.

Victime de son succès, le nouveau LE SELECT aura fait se déplacer les Antoniens en masse. Dans les 1ers rangs, beaucoup de personnes du 3ème âge qui se sont habillées et maquillées comme pour une grande occasion. Leur air  ravi et leur excitation font plaisir à voir, preuve les jeunes ne sont pas les seuls à vouloir s’amuser.

Alors qu’une première vague (dont je suis) est entrée sans trop de bousculade, une deuxième reste bloquée dehors et doit attendre son tour.

Une fois à l’intérieur, on s’entasse dans le hall avec la même densité qu’à l’extérieur sans trop savoir quoi faire. Une chose est sûre cependant : pendant le temps du piétinement, on a tout le loisir de regarder autour de soi et d’admirer le grand escalier, l’immense verrière qui va du sol au plafond, les luminaires et autres détails décoratifs ou artistiques. Sur la gauche, une pièce dont la porte est ouverte accueille ceux qui y ont passé le bout de leur nez. A l’intérieur, une sorte de photomaton qui permet de repartie avec sa photo souvenir estampillée “LE SELECT” : une idée très sympa à côté de laquelle est passée la plupart des gens ce soir, dommage !

Les officiels se tiennent eux sur le grand escalier barré d’un ruban et nous les regardons d’en bas - comme il se doit, donc. Petit incident, lorsque que les ciseaux tombent par terre mais à part ça personne ne semble voir ce qui se passe vraiment.

Quelques applaudissements nous apprennent que le ruban a été coupé alors que la foule, en formation serrée, n’a pu bouger depuis un bon moment ni ne sait franchement ce qu’elle fait là mais qu’importe. Pas de discours. Pas un mot. C’est curieux.
Tout à coup, un mouvement se fait en direction de l’escalier : on suppose que les salles peuvent être visitées, et le public peut enfin bouger un peu et se répartir dans les différents niveaux (par vagues, là encore).
Je pénètre dans l’une de ces salles au rez-de-chaussée, dans laquelle sont projetées des photos – majoritairement en noir et blanc - retraçant les différentes étapes de la construction. Elle n’est pas très grande, mais les fauteuils sont profonds et confortables. Impossible de juger de la qualité du son en revanche : le diaporama est muet !

Lorsque je ressors, le hall est clairsemé. Trop d’attente a visiblement eu raison de la plupart des curieux, qui sont à peine restés plus d’un minute ou deux après avoir pourtant attendu environ une heure à ne rien faire.

A 20h45, il ne reste plus grand monde pour l’ouverture du buffet.

A présent champagne !

C’est parti pour les films, dans ce tout nouveau cinéma auquel il ne manque à mon sens qu’un espace un peu sympa dans lequel j’espérais que les grands ados du coin (dont mon fils de 16 ans) pourraient trouver une alternative au Mc Do ou au Kebab du coin.

Pour bien démarrer, des avants-premières ce mardi (Minuscule, De toutes nos forces – avec la présence de Nils Tavernier, un week-end à Paris, D’une ville à l’autre, Phantom of the paradise) avant, dès mercredi, le festival TELERAMA ainsi que d’autres films à l’affiche actuellement (l’amour est un crime presque parfait, Philomena, Yves St Laurent), des projections jeune public (Fantasia, Jack et la mécanique du cœur, le géant égoïste…) et à venir, quelques soirées spéciales, pour des tarifs allant de 4 à 6,5 €.

Le mieux, pour en savoir davantage, c’est de vous rendre sur le site du SELECT où vous saurez tout, et pourrez même feuilleter virtuellement le programme des semaines à venir : http://www.leselect.ville-antony.fr/

LONGUE VIE AU SELECT !

 

In The Canopy : Dernier concert de l’année 2013 et nouvel EP

2014 janvier 9
Posted by isatagada


In The Canopy @ Divan du Monde 2013

Je n’avais pas eu le temps de vous en parler encore, mais l’année 2013 s’est terminée en beauté par un dernier concert 2013 exceptionnel pour In The Canopy au Divan Du Monde.

Inspirés, intenses, habités, les canopiens nous ont assené une bonne grosse dernière claque.

Emmenés par un leader héroïque qui avait décidé de vivre le moment à fond et de tout donner malgré un méchant passage à l’hosto la veille (chapeau, vraiment), on a vu des musiciens franchement tripper sur leurs instruments et composer les plus belles harmonies vocales qui soient, nous embarquant avec eux dans leur voyage, haut, très haut, au delà de la cime des arbres … là où ne compte plus que la musique et une certaine communion, toute profane soit-elle.

A chaque concert son moment d’émotion intense, chaque fois différent. Au Divan du Monde, c’est sur le solo de guitare épique de Never Return que la gorge s’est tout à coup nouée et que le ventre s’est contracté. Ce solo, c’est un peu le moment de gloire culminant de Maxime lequel, non content de briller entre guitare et clavier, excelle en cet instant et concentre sur lui l’attention systématique de la salle toute entière.

In The Canopy @ le Divan du Monde

Une jolie performance, quand on sait que sur l’EP, cette partie est jouée au saxo (par le père du chanteur qui plus est, comme quoi la passion de la musique est aussi une histoire de famille) pour un résultat à la fois très différent et tout aussi captivant.

Captivant, le chanteur l’est tout autant, avec sa facilité à partir en voix de tête sans jamais en abuser et sa façon de se  mouvoir, hyper relâchée et enveloppante à la fois, les bras grands ouverts pour accueillir le monde. Impossible de résister à la folie communicative qui s’empare de lui pour des danses quasi chamaniques qui vont crescendo sur un final enfin capturé en vidéo. Le genre de final dont on voudrait qu’il ne s’arrête jamais tellement on a décollé complètement, et qui laisse sonné et orphelin à la fois.

Il y avait du monde pour cette soirée, pas forcément venus pour le groupe à la base. Du monde visiblement conquis, au vu du défilé de personnes qui se sont pressés ensuite pour témoigner de leur coup de cœur auprès des artistes et remercier, tandis que d’autres, déjà fidèles, venaient saluer à leur tour.

In The Canopy @ le Divan du MondeDans les deux cas, c’était beau à voir et ça amplifiait encore la magie de ce dernier concert 2013.

Forcément, je suis repartie le cœur plein, comme d’autres sur lesquels j’ai reconnu ce même grand sourire caractéristique – celui qui barre le visage à en avoir mal à la mâchoire -, et surtout comme à chaque fois depuis cette première fois à Rock en Seine (merci à Sabrina et Astrid – tu nous as manqué – pour leurs excellents conseils).

In The Canopy @ Divan du Monde 2013

In The Canopy n’aurait pu mieux finir cette année 2013, plus que riche en événements : Un superbe accueil de leur 1er EP, la finale du tremplin Ricard Live, le rythme des concerts qui s’accélère (Dame de Canton, International, Bus Palladium, Réservoir, Centre Barbara, Café de la Danse, Divan du Monde mais aussi Rock en Seine !), la veille musicale de Radio France qui repère le groupe, à l’instar du magazine Longueur d’ondes ainsi que de nombreux blogs et webzines, une place sur les compilations découvertes d’Indie Music et Music & Street, et enfin des programmations radio (France Inter dans l’émission “On va tous y passer”, ”Face B#20″ de France Culture Plus, ”Rodéo” sur le Mouv’-  lives, playlists et interviews).

Le prochain chapitre est encore à écrire, avec une année 2014 pleine de promesses et de défis à relever : un nouvel EP, un clip, une nouvelle identité graphique, la poursuite d’un développement qu’on espère à la hauteur de l’attachement qu’on a pour eux, et d’autres concerts aux sensations fortes - on les attend avec impatience.

Pour participer à tout cela, le groupe vient de lancer une collecte sur le site collaboratif KissKissBankBank, il suffit de se rendre sur http://www.kisskissbankbank.com/un-nouvel-ep-pour-la-canopee.

Beaucoup de bonheur et de belles rencontres dans cette aventure. Beaucoup beaucoup. Alors on leur souhaite un succès fulgurant.

VIVEMENT la suite !

Et bonne année à tous.

In The Canopy @ Divan du Monde 2013

Plus de photos du concert sur le Flick’r

Playlist best of 2013 | Bonne année 2014

2014 janvier 1
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Posted by isatagada

On ne change pas les habitudes lorsqu’elles sont bonnes.

Aussi pour vous souhaiter à tous une bonne année 2014, je vous offre en une seule playlist les titres qui ont rythmé ce blog et mon année en 2013, en espérant vous avoir fait découvrir deux ou trois jolies choses. Et comme je ne vous ai pas tout raconté, en espérant vous en faire découvrir de nouvelles, qui sait.

Tout est là : http://www.deezer.com/playlist/731021195

Pour cette année à venir, je vous en souhaite mille autres, et de rester curieux.

Excellente année à tous, et merci de votre fidélité !

Dernier concert des War in The Bed en France @ Le Buzz | 10.12.2013

2013 décembre 26
Posted by isatagada

War In The Bed @ le Buzz 2013

On vous a déjà parlé des War In The Bed, connus en 2009 alors que leur leader entrait tout juste au lycée. War In The Bed @ le Buzz 2013Les années ont passé, le groupe a grandi, certains de ces membres ont changé et après un premier album, puis un EP, un deuxième album a suivi très récemment.

L’été dernier, Théo – le petit dernier, à la guitare – et Lou (le chanteur guitariste) deux des membres du groupes sont partis à l’aventure en Corée du Sud, ont acheté des guitares, joué dans la rue, se sont fait quelques contacts, ont écrit à un label local qui a voulu les rencontrer.

Les voilà donc décidés à y retourner tous les quatre pour tenter leur chance, trois mois pour commencer, davantage si possible.

Avant de partir, ils ont donné une petite interview à l’excellent Eric Lange pour l’émission Allo la planète sur la radio Le Mouv’ que vous pouvez écouter ci-après :

War In The Bed @ le Buzz 2013Deux jours avant leur départ, War In The Bed donnait son dernier concert en France avant plusieurs mois au tout nouveau Buzz, situé presque en face du Zèbre de Belleville. Un tout petit endroit, avec un bar en long et une cave à concerts au sous-sol, dont les travaux ne sont même pas complètement terminés.

Il y a foule pour ce concert d’au-revoir, et pas seulement les voisins et les amis, comme en atteste ce jeune homme qui viendra leur dire après le set qu’il est venu les voir après les avoir entendus sur le Mouv’, justement.

Quels progrès depuis ce concert de 2010 aux Disquaires où, malgré le plaisir de les voir pour la première fois en live, je n’avais pu publier aucune vidéo satisfaisante. War In The Bed @ le Buzz 2013Il faut dire que le batteur venait à peine de changer et que le son, ce soir là, était franchement mauvais. J’avais eu peur, je crois, d’y retourner trop vite. Je voulais les voir prêts, pouvoir montrer du live qui tienne la route, être en mesure de partager mon enthousiasme avec des preuves tangibles.

War In The Bed @ le Buzz 2013Et voilà. The day has come. War In The Bed a fait du chemin, pris de l’aisance sur scène, tant qu’il n’est désormais plus question de rester coincé dans le cadre si étroit de notre petit Hexagone, alors que le monde est si vaste.

Les morceaux sont bons, le line up fonctionne parfaitement, le jeu est enlevé et les  musiciens visiblement heureux d’être là profitent à fond de ce concert d’au revoir. War In The Bed @ le Buzz 2013Entre deux titres qui font s’agiter la salle, on se redit à quel point leur jeunesse est magnifique et comme on aimerait partir avec eux effacer les frontières. A bien les regarder, on ne peut s’empêcher de les voir surfer sur une vague qui semble les porter plus haut que tous les cyniques – ceux qui ont oublié depuis longtemps que tout restait possible, à condition d’y croire et d’y aller.

Finalement, tout passe si vite qu’on arrive à la fin du set sans avoir eu le temps de dire ouf.

Alors, on est drôlement heureux d’en rapporter ces souvenirs, histoire de combler leur absence et de témoigner, un peu, d’un petit groupe qu’on espère bien ne pas s’arrêter de voir grandir.

Vivement la suite !

Vidéos & Photos (c) Isatagada

Galerie photo complète sur le Flick’r

La rentrée du Prince Miiaou @ la Flèche d’Or (+ Balinger et Bow Low) | 26.11.2013

2013 décembre 6
Posted by isatagada

Cela faisait un bail qu’on n’avait pas eu de nouvelles du Prince Miiaou. Jusqu’à ce clip, diffusé très récemment, et l’annonce de ce concert à la Flèche d’Or. Et comme, avec un clip tout neuf lui aussi, on avait très envie de revoir Balinger en live, l’occasion était plutôt belle.

Balinger @ la Flèche d'Or 2013

C’est Balinger qui ouvre le bal sur les coups de 20h et des poussières, devant une salle bien remplie malgré l’heure, preuve s’il en est qu’il compte déjà nombre d’adeptes.

Balinger @ la Flèche d'Or 2013C’est une deuxième fois en live, et bien davantage que la première fois (à relire ICI), on goûte les nombreux atouts du groupe. La voix de Jim Rosemberg est ce qui marque d’emblée. Reconnaissable entre toutes, elle offre à Balinger cette signature vocale qui fait sa singularité. On aura beau avoir lu une qualification de « rock folk » à leur endroit (et mieux compris pourquoi ceci dit, à l’écoute très récente de leur EP, excellent), en concert le timbre du chanteur est indubitablement celui d’un rockeur, de cette race à chanter les plus belles ballades – comme en son temps Klaus Meine des Scorpions. Balinger @ la Flèche d'Or 2013Outre la voix, ce sont les compos qui transforment l’essai de façon définitive. Rien de basique chez Balinger, rien de répétitif, ni sur la durée du set, ni même à l’intérieur des titres. Qu’elles soient hyper énergiques ou bien plus lentes pour mieux décoller (comme ce très beau Ghost dont on vous offre le clip, joué ce soir en guitare-voix), on se rend compte que les mélodies avaient déjà laissé leur empreinte sur une première fois. Au fil des morceaux, la qualité de l’ensemble s’impose alors, pour intéresser intensément d’abord, avant d’impressionner durablement. En cerise sur le gâteau, si on sent qu’il y a de l’intelligence et de la finesse musicale chez les Balinger, on sent aussi qu’il y a du cœur. N’en jetez plus, la maison affiche complet sur tous les critères. Du 100%.

On passera rapidement sur Bow Low, pas convainquant dans son registre pop (rock ?) à vocation dansante. Peut-être en raison d’un trop de poses et d’un trop de comparaisons en version kitsch qui nous sont venues à l’esprit (Skip the use pour la voix notamment), d’un hurleur bien lourd au premier rang (« C’est énoooooooorme ! Nan mais oubliez France Inter, Étienne Daho et Lou Doillon ! C’est le plus grand groupe français depuis trente aaaans » – Le mec a tout dit), mais surtout d’un manque de cohérence global frappant – un peu comme si rien n’allait avec rien, et ce malgré des lignes de basses parfois bien groovy. On a souvent pensé aux Lanskies en fait, mais pour se dire que dans le registre, il n’y avait pas photo. D’autant plus décevant que les échos d’avant le concert étaient très enthousiastes… Tant pis.

Le Prince Miiaou @ la Flèche d'Or 2013

Tête d’affiche de la soirée, le Prince Miiaou est très attendue. De son vrai nom Maud-Elisa Mandeau, la jeune femme, qui a troqué sa blondeur pour un noir profond accentué par sa coupe de cheveux, tête rasée d’un côté, longue tresse de l’autre, frappe par son extrême minceur. « Désolée, on a plein de trucs à brancher, j’essaye un dernier truc ». Le Prince Miiaou @ la Flèche d'Or 2013« On n’est pas prêts y’a plein d’bordel ! ». La technique n’est pas de leur côté ce soir et la fébrilité s’installe. Pas d’agacement dans la salle pourtant, qui attend sagement la rentrée du groupe. On voudrait les rassurer : la Flèche d’Or se prête bien de toute façon à ces ajustements, avec ce côté intimiste qui fait qu’on se sent un peu comme à la maison et que tout est permis. Finalement, c’est vers 22h30 que résonneront les premières notes de Happy Song For Empty People, le premier extrait de l’album à paraître en début d’année prochaine, qui pose d’emblée les bases d’une évolution qui saute aux oreilles. Alors qu’on avait pu lui reprocher une trop grande proximité avec ses influences, la distanciation est nette d’entrée et ce titre, comme les autres joués plus tard dans le set, sont la preuve que ses inspirations ont été complètement digérées cette fois. À l’évidence, le résultat est plus personnel, et plus rock aussi, dans les guitares comme dans l’exacerbation des sentiments, livrés avec autant de force que de pudeur. Le Prince Miiaou @ la Flèche d'Or 2013La voix reste incroyable, capable des aigus les plus bouleversants, de ceux qui mettent à nu pour mieux toucher l’âme – on pense forcément à Natasha Khan des Bat For Lashes. Difficile de ne pas être touché par le personnage, à la fois sombre et facétieux, fort et fragile, qui semble plaisanter avec des faussetés voulues à la flûte (« Merci d’être venu s’il vous plait restez ») avant de s’écrier « Allez ! », comme pour se donner du courage et enchaîner avec un JFK qui met le violoncelle à l’honneur autant que des cris déchirants d’une hauteur un peu foudroyante.

« Merci j’avais très peur comme à chaque fois sur scène je me suis dit tout va bien se passer mon cul oui ». Quoi qu’elle en pense, ça se passe plutôt bien pour un public qui trouve largement son compte dans la série de nouveaux morceaux plus enthousiasmants les uns que les autres. Sur Hulrik notamment, Country Bliss ou encore Suddenly, elle se met tour à tour magnifiquement en danger, lève le poing comme un défi, Le Prince Miiaou @ la Flèche d'Or 2013ou s’envole vers d’autres sphères avec sa guitare. Nul doute, Maud-Elisa est partie dans un crescendo éblouissant et habite totalement ce nouvel album qu’on a désormais plus que hâte d’écouter.

S’il fallait prendre date, alors c’est fait, que ce soit pour le 27 janvier pour l’album ou pour sa Release Party le 13 mars au Café de la danse.

Un grand coup de cœur pour ce Prince Miiaou donc, qui parvient à faire cohabiter grâce et fragilité avec une puissance folle. Celle par exemple d’un volcan qui ne demanderait qu’à entrer en éruption.

Décidément une grande dame que ce Prince-là…

Le Prince Miiaou @ la Flèche d'Or 2013

Le Prince Miiaou @ la Flèche d'Or 2013

Photos (c) Isatagada / Set complet sur Flick’r

Cet article a été publié sur Discordance.fr avec les magnifiques photos de Mauro Mélis

Remerciements : Cédric Chamoulaud pour Velvet Coliseum

The National baby ! (Paris, Zénith | 18.11.2013)

2013 novembre 23
Posted by isatagada

The National @ Zénith de Paris 2013

On va commencer par un hommage. A Alain B. qui m’offrit un vynile de The National pour ma 4ème dizaine. High Violet.

Et continuer par le même. Qui me fit écouter l’album actuel avant sa sortie. Trouble will find me.

Mer-ci.The National @ Zénith de Paris 2013

Fou ce groupe. Le type même qui te fait sentir à quel point tu es une nouille en musique. Tu ENTENDS la complexité du truc. En même temps ça coule de source à l’oreille et toi, incapable de dire pourquoi exactement, tu sais que tu n’es en aucun cas à la hauteur pour en parler sur autre chose que ton petit blog. Le complexe face à The National. Le GROS complexe.

Un coucou au passage à J-C qui au sortir du Zénith me lance : - “Nan mais t’as entendu ça ? Les morceaux sur 7 temps ! Même sur 9 ! Et là une valse !”. Merde. Non non je n’ai rien entendu. Juste senti à quel point le niveau était élevé. Et pas seulement à cause des cuivres (la classe des cuivres qui parviennent à être subtils, ça m’a toujours fascinée) ou de la guitare jouée à l’archet tout en créant le moment le plus rock et le plus électrique du concert. Non. C’est bien au delà de ça. Sans parler de la voix de la voix ultra basse de Matt Berninger, impressionante, ce sont les constructions qui frappent. Intelligentes. Evidemment érudites. Pas franchement celles du commun, malgré ce reproche qui revient les concernant, de faire un peu le même titre en boucle.

The National @ Zénith de Paris 2013Clairement, l’intellect est inhabituellement présent. Et puis, les mecs parlent français, ce qui est relativement rare pour des américains. Quand on ne connait pas leur histoire, c’est agréable de les entendre raconter à quel point la France a compté pour eux (on a envie de les croire, dommage qu’on ait entendu tant de groupes avant eux encenser à bon compte la ville dans laquelle ils se trouvent le soir donné) et comme ils n’oublieront pas leur concert à la Guinguette Pirate il y a dix ans, le premier en dehors de New-York où ils ont affiché complet. “Il n’y avait que 150 personnes mais à l’époque, c’était incroyable pour nous.”

Le problème, quand il y a trop d’intellect, c’est cette barrière entre l’artiste et toi. Ce calcul. Ce trop de réflexion qui tue la spontanéité et honnêtement, malgré ces morceaux sublimes et cette musique qu’on adore, l’attitude de mister Berninger qui manque cruellement de naturel. Pourquoi, mais POURQUOI faut-il qu’il se force à hurler dans son micro alors que sa voix ne s’y prête absolument pas ? (dans le genre, Hamilton Leithauser de The Walkmen est tellement plus crédible, là on dirait un chaton enroué qu’on serait en train d’étrangler). Et POURQUOI faut-il qu’il s’accroupisse en se cramponnant à son micro, les fesses en arrière comme s’il était aux toilettes ? POURQUOI – et que c’est laid - a t-il l’air si content de lui et déambule t-il sans cesse pour focaliser l’attention ? – On en oublierait la musique, c’est à ce point.

Mais surtout, surtout, POURQUOI chante-t-il aussi faux sur la quasi totalité du concert ???? (LE fail de ce concert).

The National @ Zénith de Paris 2013

Heureusement il y eut. Ce moment magique. Où j’ai retenu ma respiration. Pour un titre que je ne connaissais pas : About Today. Cette mélodie simple et répétitive, ce fil directeur qui vous tient en haleine. Ces mots, détachés les uns des autres, comme pour mieux goûter l’intensité de chacun d’entre eux. Cette chanson toute entière qui vous prend par la main pour vous conter une histoire, à vous qui restez là, suspendu à ses lèvres, dans l’attente de la phrase d’après, et de celle encore d’après. “How close am I / To losing you ? / Tonight / You juste close your eyes / And I just watch you / Sleep away / How close am I / To losing you ?”. On y était ! Elle était là la sobriété, la classe ; ils étaient là, les frissons ; il était là, le kiff absolu auquel je m’attendais en allant voir The National !

Heureusement, il y eut. Humiliation. Encore faux sur la fin mais globalement moins que d’autres. Avec la recette qui fait mouche systématiquement auprès de mes petites oreilles, ces notes de piano, instrument que j’aime décidément entre tous, comme s’il me jetait un sort à chaque fois. Et la guitare jouée à l’archet à l’autre bout du Zénith. Electrique et inspirée. Trippante. Et d’accord, embarquée que j’étais, les cris sont passés sans questionnement aucun cette fois.

Heureusement il y eut. Les deux descentes dans la fosse pour chanter.

Heureusement il y eut. Le final sur Vanderlyle Crybaby Geeks, le groupe qui vient en bord de scène, presque sans micro, pour chanter tous en semble en acoustique, seulement accompagnés de la guitare et des cuivres, et du public aussi, qui reprend les paroles, par coeur, très fort : “I’ll explain everything to the geeks / All the very best of us / String ourselves up for love”.

This is the kit @ Paris, Zénith 2013Enfin, il y eut. Avant leur set. Cette première partie avec This is the kit. Dieu sait pourtant que je n’aime pas la folk, mais là ! Ce coup de coeur ! Cette grâce folle ! Quels instants précieux que ceux passés en compagnie de la voix et du banjo de Kate Stables (avec, en plus, Rozi Plaine à la basse), alors que la salle était encore quasi vide… Il faut dire aussi : à 19h15, qui avait prévu d’être là quand le concert n’était annoncé que pour 19h30 ? Pas merci le Zénith. Vraiment pas.

Vous aimerez, si vous aimez Bat For Lashes par exemple.

(pardon pour l’image mais j’étais loin, assise sur les marches, et j’écoutais, en priorité, avant de me décider à filmer un truc quand même, lorsque le dernier morceau fut annoncé, et que la fosse s’était remplie).

Et donc. Mon premier concert de The National. Pas aussi emballée que j’aurais voulu l’être mais tout de même. Quelques moments forts resteront. Ce qui n’est pas si mal, finalement…

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Photos (c) Isatagada. Toutes les photos de The National ICI et de This is the kit LA

Se laisser toucher par FAUVE @ Paul B. | 16.11.2013

2013 novembre 21
Posted by isatagada
FAUVE @ Paul B. 2013
A peine un EP, guère plus de titres, pas de maison de disques et pourtant. Adorés par les uns, dédaignés par les autres, FAUVE est un phénomène que personne ne peut ignorer. Avant leur squattage du Bataclan en février et mars prochain (10 dates, dont 8 affichent déjà complet), on les a vus à Paul B., la belle salle du sud de Paris où se déroule tous les ans le festival des Primeurs de Massy – que l’on vous conseille par ailleurs.

FAUVE @ Paul B. 2013A l’arrivée à Paul B., le stand merch affiche sur une feuille A4 : « Nous serons de retour après le concert ». Le concert est sold out depuis un moment et le public est contrasté. En bas, dans la fosse, la moyenne d’âge est plutôt jeune (les 15-20 ans sont bien représentés) tandis qu’au balcon, assis, les quarantenaires et plus, dont certainement quelques parents, sont plus nombreux. La salle est comble bien avant le début du concert en tout cas, et l’immensité de l’attente, palpable. A l’arrivée du groupe sur scène, ce n’est pas l’explosion attendue pourtant. Un peu comme si l’assistance restait intimidée face à ses héros. Après l’intro, puis Sainte-Anne, au collectif qui s’en étonne, quelqu’un répond : « On est ému, c’est pour ça ».  Les encouragements ne se font pas attendre, le public applaudissant en cadence sur les premières notes de Haut les cœurs. Ce public qui, c’est vrai, n’est pas très bruyant, boit littéralement les paroles du collectif : « Faut pas attendre qu’il soit trop tard pour dire aux autres qu’on a besoin d’eux, qu’on plongerait devant les balles rien que pour eux, qu’on sera toujours là […] il faut se dire des belles choses, qu’on gardera pour plus tard ». Car il vient surtout de là, le succès de FAUVE : des FAUVE @ Paul B. 2013mots. Et en effet, sur scène plus qu’ailleurs, on s’en rend compte, il ne s’agit pas de chant ni de rap ni de slam. Le terme « spoken words », qu’ils reprennent à leur compte, n’est pas un là pour faire hype, bien au contraire. Avec une cadence plus que soutenue, mais sans chercher à imprimer un rythme musical quelconque aux mots ni à les faire rimer à tout prix, on a plutôt le sentiment que ce type qui arpente la scène de gauche à droite comme un lion en cage est un narrateur qui nous inviterait à la lecture à grande vitesse d’un journal intime. L’important, l’essentiel, ce sont les textes ; bien joué : c’est ce qui frappe immédiatement. Pas une seconde, le groupe ne revendique d’ailleurs le statut de chanteurs. Sur 4000 Îles, ils le rappellent : « C’est le seul titre sur lequel on chante un peu, alors je sais qu’on n’est pas un groupe de rock ni rien, mais si vous pouviez nous aider… ». Même les vidéos, qui font, depuis le début, partie intégrante du projet, illustrent le propos sans focaliser l’attention à outrance. Plongée dans le noir, la scène n’est éclairée que par ces images qui défilent (Paris, un extrait de Retour vers le futur, des escalators, des silhouettes, la mer…), masquant le plus souvent le visage des membres du groupe. FAUVE @ Paul B. 2013Si on les a accusés d’en faire trop en revendiquant ce statut de Collectif au sein duquel aucun ne souhaite se mettre en avant, il est impossible, lorsqu‘on les a sous les yeux, de douter de cette sincérité. Bien sûr, on pourrait leur reprocher de ne pas s’apercevoir de la puissance évocatrice de leur porte-parole, dont l’intensité et la fièvre sont évidemment tout sauf banales. Mais leur reprocher cette pudeur, cette humilité, même ? Non, vraiment pas.

« Alors, j’vais pas t’mentir, sur le marché j’suis pas forcément c’qu’y a de meilleur. Parce que j’suis bancal, menteur, pas fiable, jamais à l’heure. Mais si tu veux, j’peux m’faire boxeur, voleur, chauffeur, docteur, serviteur, dresseur de lions. » (Rub a dub). Ce qu’on ne peut pas s’empêcher d’aimer, chez FAUVE, c’est cette revendication d’une certaine normalité (mieux, un droit à l’imperfection) couplée à cette certitude que pour autant, tout est possible. Comme un contre-pied total à cette génération dépassée par le diktat du paraître, FAUVE, au contraire, n’a pas peur de dire ses défauts. Forcément, nombreux sont ceux qu’ils soulagent en affirmant qu’on n’est pas obligé d’agir comme si on était si fort, si sûr de soi. FAUVE @ Paul B. 2013Le message est inhabituel : en avouant leurs propres faiblesses, c’est comme s’ils incitaient leur audience à faire de même. Peut-être pour ça qu’ils semblaient si désemparés, devant le silence quasi religieux qui les avait accueillis. Plus qu’un concert, c’est en fait une main tendue ce set, une invitation au dialogue autant qu’à l’optimisme. Et ça prend. Le parleur interpelle la salle et la salle lui répond. Une sorte d’intimité s’est installée. Par moment, c’est carrément détendu, presque drôle.  « – On est venus de loin pour vous voir ! – Ah oui, d’où ? – de Paris. – Putain, j’vous jure, il n’y a que des parisiens pour dire un truc pareil ! ». Et on sent qu’ils n’attendaient que ça, les FAUVE, qu’il n’y que ça, presque, qui les intéresse : créer le lien.

A force, devant autant d’honnêteté (« Celle-là on va vous la jouer, c’est le moment « date » de la soirée. Ok elle est un peu gnangnan mais on l’aime bien en fait. Et puis aussi, on n’en a pas tant que ça, des chansons »), de simplicité, de bons et grands sentiments évidents sans doute mais … justement, vient le moment où il ne sert plus à rien de résister.

FAUVE @ Paul B. 2013« C’est pour ça qu’il faut pas que tu désespères, perds pas espoir, promis juré on la vivra notre putain de belle histoire. Ce sera plus des mensonges. Quelque chose de grand. Qui sauve la vie / qui trompe la mort / qui déglingue enfin le blizzard ». Et tant pis pour ceux qui ne croient plus en rien, les fâcheux, les cyniques. Car face à eux, ils sont des milliers, visiblement, qui écoutent et téléchargent et achètent des places à les faire jouer à guichet fermé, des centaines de milliers, des millions peut-être, à n’avoir attendu que ces gars-là pour oser, se donner du courage, avoir la preuve qu’ils ne sont pas seuls, malgré tout ce qu’on leur avait donné à penser. Et merde pour le Blizzard !

« Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche, et tous les autres ensemble. Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile. N’attends rien que de toi, parce que tu es sacré, parce que tu es en vie, parce que le plus important n’est pas ce que tu es mais ce que tu as choisi d’être. » (Blizzard). Comment ne pas entendre ?FAUVE @ Paul B. 2013 Etre touché, ému en effet ? Par cette soif de vie, ce besoin de vibrer, cette exaltation. Cette humanité. Cette rage d’aimer en fin de compte. (« Parce que t’es beau / Comme une planète / J’ t’ai dans la peau, j’ t’ai dans la têten ». Kané, en final énergique et énervé.)

« On n’est pas très photos, mais si tu veux discuter et boire des coups, ça on aime bien ». On n’a pas fait ça. On regrette un peu. Mais on est convaincu de toute façon. Même si on n’est pas sûr que le projet, pour rester beau, ait vocation à durer dans le temps, les FAUVE auront au moins créé un élan, sans imaginer sans doute à quel point ils trouveraient écho dans cette génération.

Quand bien même : l’art éphémère, qu’y a t’il de plus précieux après tout ? Et comme on aurait tort de ne pas les écouter…

Photos (c) Isatagada. Galerie complète en ligne sur le Flick’r

In The Canopy au Café de la Danse (w/ Gabriel Saglio & les Vieilles Pies) | 08.11.2013

2013 novembre 21
Tout semble s’accélérer ces derniers mois pour les In The Canopy. Repérés par le Conseil Général Ile de France après un premier EP, ils jouent à Rock en Seine fin août avant d’enchaîner avec France Inter, et multiplient les concerts, avec notamment un  Divan du Monde en décembre. Ce soir, ils ouvraient pour Gabriel  Saglio et les Vieilles Pies au Café de la Danse, décidément l’une des salles les plus agréables de Paris.

Alors que l’on s’attendait à un duo – première partie oblige, la formation se produisait à cinq en configuration inédite acoustique. Toujours portés par la voix et le charisme de Joachim Müllner, les canopiens ont livré un set transcendé dès le début avec les vocalises d’un leader visiblement ému de jouer dans ce lieu. Hors des formats traditionnels, la construction des titres laisse le temps et l’espace à l’expérimentation : ici une longue montée en puissance, là des danses chamaniques, plus loin des riffs de guitare trippants à souhait ou encore l’intervention de Gabriel Saglio à la clarinette basse, et enfin les passages en voix de tête du chanteur, habité par le fantôme de Jeff Buckley, qui s’étirent longuement pour mieux nous entraîner à sa suite.

Bien au-delà du style de musique, c’est un style de vie que semblent prôner les canopiens. Un idéal fait de liberté, de communion, de désir de s’élever pour atteindre des hauteurs insoupçonnées. Rien de mieux pour tutoyer les anges que de se laisser porter par un concert de ces cinq-là dont les prestations peuvent alléger tous les fardeaux du monde, dénouer les attaches et embarquer vers des cieux où le bien-être règne en maître. Il y a du bonheur dans le fait d’assister à un concert des In The Canopy, tant qu’on a du mal, des jours durant, à quitter cet espèce de sourire extatique qui fait qu’on vous regarde bizarrement dans la rue. Débarrassé du poids du monde, l’envoûtement agit et fait poser un regard distancié sur le quotidien pour remettre au centre le beau, le bon, le bien, plus sûrement que n’importe quelle intervention divine : avant-goût de paradis.

D’ordinaire introspectif, le trip hop invite ici au partage. Impossible de vivre cette musique dans son coin, elle attire irrésistiblement vers l’autre pour ajouter encore à l’intensité de l’expérience. Nul doute, c’est une véritable communauté qui est en train de naître autour de cette canopée, comme si l’expérience humaine faisait forcément partie du voyage. Never Return, le morceau phare du groupe, est d’ailleurs l’occasion de regards entendus avec ma voisine, alors que le niveau du chant atteint des sommets. Est-on encore sur terre quand on assiste à ce genre de miracle, voilà ce qu’il faudrait vérifier. Et puis non, car on abandonne définitivement toute velléité de réflexion rationnelle avec ce coup de grâce, une reprise de Massive Attack qui vient clôturer le set. Lenteur savamment rythmée, guitares et percus hypnotiques, le crescendo se vit physiquement lorsque la voix se transforme en cris qui coupent le souffle, font vibrer de l’intérieur, montent encore et encore, jusqu’à l’explosion, l’émotion pure qui étreint.

Pas simple après ça de se vider l’esprit pour y accueillir Gabriel Saglio et ses Vieilles Pies. Belle voix un peu rauque aux accents d’un Brel, musiciens hors pair et instruments magnifiques (contrebasse, violon, clarinette…) si l’intellect apprécie, le cœur reste tout entier attaché aux canopiens.

Et puis, très progressivement, Gabriel Saglio et ses vieilles pies finissent par emporter la mise. Il faut dire qu’il y avait eu méprise : on les avait trop tôt catalogués artistes de chanson, alors qu’à leur façon, ceux là véhiculent une sorte d’universalité de la musique. Complètement fou, le concert s’offre tous les genres. On passe ainsi de la chanson (parfois classique, parfois slam, parfois festive, à texte souvent, et même poétique – Eluard, Rimbaud) au reggae en passant par les couleurs de l’Afrique mais aussi par le jazz manouche ou la bossa ; ou même, la valse. La salle s’échauffe à mesure des titres et l’ambiance est montée d’un cran. : elle est chaleureuse et invite à la danse dans ce Café qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Le titre Dansons met fort à propos le feu aux poudres. L’accordéon, certes, mais le diable de violon irlandais surtout, a fait descendre le public de ses gradins pour (enfin !) remplir la fosse. La générosité et l’éclectisme des musiciens sont magnifiques. On danse seul ou à deux — beaucoup. On se sourit. L’alchimie a pris dans ce lieu qui a largement dépassé le cadre d’une simple salle concert. La joie se lit dans tous les yeux. La bonne humeur est générale. La fête est complète.

Une soirée pas tout à fait comme les autres donc, en forme de carburant pour encore bien des jours à venir, des pensées positives plein la tête.

Photos (c) Isatagada

Article publié sur Discordance.fr, avec les très belles photos de Gheorghe Vulcan (parce que, avec zéro lumières ou presque pour ITC, avouez que les miennes sont particulièrement pourries ^^)

Arctic Monkeys @ Zénith de Paris (Alex Turner en grande forme) | 07.11.2013

2013 novembre 20
Posted by isatagada

Arctic Monkeys @ Le Zénith de Paris 2013

Bien. Donc un concert des Arctic Monkeys sans 505. Je veux mourir.

Mouais je sais. Sale gosse pourrie gâtée je suis.

Arctic Monkeys @ Le Zénith de Paris 2013J’m’en fous. Je voulais 505. Il y a dans cette chanson un truc intemporel qui me donne envie de me retrouver pendue au cou du garçon de mon lycée, pour un slow, à la boum du 1er de l’an. Quand je pense que les p’tits loups d’aujourd’hui ne dansent plus de slows (« mais maman c’est RIN-GARD, ça c’était à ton époque ! ») alors que mon Dieu, quel romantisme ultime que de vivre un moment de love made in adoland sur ce titre. Quel gâchis sérieusement…

Arctic Monkeys @ Le Zénith de Paris 2013Bon. Vernie que je suis (oui, parce que si j’y avais été le lendemain, je ne l’aurais pas eue !), un autre slow m’a quasi consolée : I Wanna Be Yours. Cette fois ça y’est, Alex Turner s’est définitivement transformé en un putain de crooner. Et lascif avec ça. Dégage, encombrante guitare. Vas t’en donc te faire serrer dans les petits bras du zikos additionnel (LA bonne idée de cette tournée). Laisse moi me réserver pour mes déhanchement suggestifs, mes petits poings remontés lentement, l’un après l’autre, que je bloque au moment parfait pour mieux marquer le rythme. Appelez-moi George Michael sur ce coup là. Je suis lui mais au ralenti tu vois ? Charmeur. Sexy. Irrésistible. Allez, suis donc chaque mouvement de mon bassin, que j’exécute très, très doucement pour que personne n’en perde une miette. Je vous ai tous entendu dire que j’étais chiant en concert et que je ne bougeais pas. C’est ça ne ment pas, vous l’avez tous dit ou alors, vous l’avez pensé tellement fort…

Arctic Monkeys @ Le Zénith de Paris 2013Allez les fâcheux, il a raison l’Alex. Et comme je regrette de vous avoir écoutés trop longtemps. Et comme je suis triste en fait, pour ceux qui ne vont toujours pas voir les Arctic Monkeys pour cette raison là. Cette FAUSSE raison là.

Il faut dire que ce soir, le leader des Arctic Monkeys s’est livré à un véritable festival. Entre ondulations désarmantes et gestes d’une totale théatralité, flirtant parfois avec le bord de la scène pour le plus grand bonheur des premiers rangs, c’est une opération de séduction 100% réussie à laquelle le Zénith de Paris a pu assister.

Arctic Monkeys @ Le Zénith de Paris 2013

Outre la presta corporelle, il faut dire que la France a plutôt eu de la chance. C’est qu’on a tremblé devant les annulations précédentes pour cause de Laryngite, et que jeudi, même si parfois, un léger voile laisse deviner les vestiges de son mal, on se dit que le garçon chante quand même sacrément bien et qu’il y a de quoi s’incliner bien bas.Et puis quels choeurs ! C’est presque drôle en fait de voir ces grands gaillards, et notamment le batteur, offrir des “ouh ! ouh !” si joliment aigus. Bluffant.

Curieusement, si le disque actuel est un vrai régal, plus rock, (plus QOTSA, nous sommes tous d’accord), avec des morceaux incroyables, il est aussi plus lent et on a (un peu) préféré le set de la tournée précédente, sans doute plus dansant.

Mais le bémol est ridicule par rapport à tout le reste et franchement, on y retournera avec un grand plaisir.

Arctic Monkeys rule !

Set list : Do I Wanna Know ? / Brianstorm / Dancing Shoes / Don’t Sit Down Cause I Moved Your Chair / Crying Lightning / One for the Road / Fireside / Reckless Serenade / Old Yellow Bricks / Why’d You Only Call Me When You’re High ? / Arabella / Pretty Visitors / I Bet You Look Good on the Dancefloor / Cornerstone / No. 1 Party Anthem / Piledriver Waltz / Fluorescent Adolescent I Wanna Be Yours // ENCORE : Snap Out of It / Mardy Bum / R U Mine ?

Le nouveau clip sensas des Bigmoneymakers

2013 novembre 12
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Posted by isatagada

BMM

Après deux teasers époustouflifiants, le nouveau clip des Bigmoneymakers est enfin disponible pour le titre It’s Not Too Soon, dont vous aviez déjà pu voir la presta live sur le blog ICI au Bus Palladium.

Voilà qui tombe bien, puisque c’est justement lors de ce concert que le band de Palaiseau avait séduit les Stuck In The Sound et remporté le concours SFR Jeunes Talents 2012 avec à la clé, la production de leur prochain EP à paraitre le 25 novembre prochain. It’s not too soon, qui en est extrait, est une petite révolution pour le groupe puisqu’elle y a glissé pour la première fois une pointe de hip hop, offrant par la même occasion un rôle star à la basse.

Pour ce clip tout en noir et blanc, le leader des Bigmoneymakers se promène dans les sixties au milieu d’un décor de gratte-ciels en carton et de soucoupes volantes. Il y est une sorte de David Vincent ayant découvert avant tout le monde l’arrivée d’envahisseurs dont les pupilles reptiliennes rappellent une autre série V (les Visiteurs), avant de…

Mais point de spoileur sur cette page, découvrez plutôt le clip, en vedette sur les Inrocks

Primeurs de Massy | 26.10.2013

2013 novembre 3
Les Primeurs de Massy fêtaient leur quinzième édition avec, du mercredi au samedi, des artistes sortant leur premier album,dont Mesparrow le mercredi, BRNS ou encore ROBI le jeudi et, en point d’orgue du festival, une programmation de choix pour ce samedi.
Dead Hippies @ Les Primeurs de Massy 2013En ouverture, les Dead Hippies alignent quatre guitares devant un mur d’enceinte propre à impressionner le chaland, accompagnées de machines qui donnent à ce rock brut une couleur curieusement électro. On aime le concept, mais on aurait préféré un son aussi gros que sa promesse. Mention spéciale pour les films projetés en fond de scène qui illustrent intelligemment le propos.

Les Primeurs de Massy 2013On s’éclipse avant la fin pour se sustenter sous les palmes protectrices de la cour intérieure, qui d’une crêpe, qui d’une planche charcuteries fromages (d’autres choisiront le risotto de saint-jacques), accompagnés d’un vin rouge « primeurs de Massy » à 2€, pas si mal malgré nos craintes. A Paul B, outre la musique, le lieu participe véritablement au plaisir des soirées avec une convivialité telle qu’on aurait tôt fait de manquer des concerts si l’on y prenait pas garde…

Juveniles @ Les Primeurs de Massy 2013Impossible toutefois de rater le début de Juveniles qui n’est pas annoncé dans la grande salle mais au Club – ce qui ne peut que nous indigner. Depuis le temps qu’on les suit ceux-là (depuis la fondation avec Pierre, qu’on chroniquait déjà avec ses Russian Sex Toys), il nous tarde de les voir à l’œuvre sur scène. Mais s’il y a des jours avec et des jours sans, on saura rapidement dans quelle catégorie classer ce jour-là, entre le matériel qui les plantera carrément deux fois et une voix fausse plus souvent qu’à son tour.JUVENILES @ Primeurs de Massy 2013 « Merci d’être restés, on est vraiment désolés » lance Jean-Sylvain tandis qu’on entend murmurer dans le public « En même temps, on est un peu venus pour vous ». On espère que ceux-là ne se décourageront pas d’y retourner tant le parfait We Are Young nous a fait d’autant plus regretter l’abandon de deux titres, faute de temps. Il y a de toute façon nécessité absolue à donner une seconde chance aux auteurs du possiblement meilleur album français de l’année lequel, outre un recueil de tubes à danser assez phénoménal, offre incontestablement la voix gravela plus fantastique du moment.

St.Lô @ Les Primeurs de Massy 2013St.Lô est à suivre dans la grande salle et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe aime à brouiller les pistes. Pas la peine de chercher pourquoi des Bretons avec un chant new-yorkais ont pris un nom normand, ni pourquoi le chanteur est en fait une chanteuse : l’essentiel est ailleurs. Avec une voix que ne renierait pas Grace Jones, Hanifah Walidah livre un incroyable show où, entourée de ses deux claviers, elle  occupe tout l’espace avec un charisme et une générosité folle. St.Lô @ Les Primeurs de Massy 2013Entre ces trois musiciens, la complicité est palpable et les regards, les immenses sourires échangés sont beaux à voir. Entre hip-hop, trip hop, électro ou blues rock, l’éclectisme de St.Lô laisse pantois. Un gros pied partagé sur scène et dans la salle, conquise à l’unanimité. Personne, sans conteste, ne pourra en vouloir aux Primeurs d’avoir un chouia dérogé à la règle en n’attendant pas tout à fait la sortie de leur premier album.

JC Satan @ Les Primeurs de Massy 2013JC Satàn leur succède, précédés par une petite réputation acquise en quelques concerts, dont, comme les St.Lô justement, une programmation à Rock en Seine cet été. JC Satan @ Les Primeurs de Massy 2013Les cinq compères alignent un clavier (qui finira torse nu) une chanteuse généreuse aux cheveux noirs de geai portant croix en pendentif, un batteur, un guitariste chanteur avec une forte envie d’en découdre, et une bassiste très remarquée. Le vent du punk souffle alors sur Paul B, relayé par de joyeux pogoteurs aux 1er rang parmi lesquels on reconnaît rapidement les Le Vasco qui s’amusent sans compter comme à leur habitude (et c’est bien ce qu’on affectionne chez eux), pour un set d’un rock bien pesant comme on les aime.

Birth of Joy @ Les Primeurs de Massy 2013Mais le gros trip de la soirée viendra de la prestation des Néerlandais de Birth of Joy, qui embarqueront les Primeurs dans un tourbillon de rock psychédélique proprement hallucinant. Incarnation blonde de Jim Morisson, le chanteur a la parfaite attitude du guitariste iconique, les jambes écartées, le corps (forcément rapidement dénudé) rejeté en arrière, la guitare en étendard et les sauts récurrents. Le batteur de son côté est un tueur absolu, excellent, incroyable. Et pour finir le clavier organiste, orfèvre du son vintage, offre le plus bel hommage rendu aux Doors depuis longtemps, habité, quasi couché, à ne plus faire qu’un avec son instrument. Birth of Joy @ Les Primeurs de Massy 2013Ces trois là sont infatigables, inusables, mettant la salle sur les genoux avec des morceaux dignes des plus grandes épopées rock, dont, vers la fin du set, un titre phénoménal étiré sur une bonne vingtaine de minutes qui laissera tout le monde abasourdi vers une heure et demie du matin. Un concert fou, débridé, qui nous aura soufflé au point de rendre obligatoire le passage au merch pour un disque. LA sensation de cet automne.

Chapeau bas pour cette prog, les Primeurs. Une fois de plus. Rendez-vous en 2014 !

Vidéos & Photos (c) Isatagada - Galerie photos complète sur le Flick’r

Article publié sur Discordance.fr

In The Canopy @ la Dame de Canton |24.10.2013 : Mode addict activé

2013 octobre 31
Posted by isatagada

In The Canopy @ La Dame de Canton 2013

Après Rock en Seine et La maison-stu​dio de la Canopée (Châtenay-​Malabry), j’ai revu récemment In The Canopy à la Dame de Canton. Trois petits concerts – pas un de plus, auront suffit pour me faire basculer en mode addict.

Je pourrais analyser le processus, essayer de comprendre comment c’en est arrivé là tellement le phénomène, quelque part, m’interpel​le. Mais par un curieux effet répulsif, quelque chose me dit qu’une étude clinique des choses serait tout à fait contre-pro​ductive : pourquoi ramener au factuel ce qui n’est beau que parce qu’il vous a fait quitter terre pour vous envoler vers d’autres sphères ? Comment disséquer au bistouri ce qui créé l’émotion ? Vouloir mettre des mots sur ce qui se ressent avant tout ?

Car oui, bien sûr, il y a cette musique, mélodique (ah, se réveiller des jours durant en chantant My Underway dès le saut du lit), planante, bien plus intelligente qu’il n’y paraît de prime abord - syndrome Thom York garanti. Et oui, plus encore, il y a ces harmonies vocales, cette capacité du chanteur lead surtout à caresser l’oreille comme du velours avant de partir en voix de tête : ici on rescussite régulièrement Jeff Buckley sans jamais en abuser ; c’est bien plus subtil, humble à en crever le coeur. Donc oui, la base est jolie chez In The Canopy ; et pourtant. La musique pourrait être plus originale, la rythmique plus percutante, la voix venir de plus loin encore, oui, oui, oui, il faut bien en convenir.

In The Canopy @ La Dame de Canton 2013Alors, c’est que la magie est ailleurs puisque c’est de les voir qui renverse tout.

Au centre de la scène, hyper relâché, le chanteur-gourou de tous les canopiens focalise l’attention. Charismatique au possible, il semble miraculeusement s’être débarrassé de toute tension, comme pour un exercice de relaxation poussé à l’extrême. En lui, c’est la différence avec tout ce qui fait le quotidien qui attire. Alors que le commun des mortels se force à se tenir droit comme un I et reste tendu comme un élastique, toujours en résistance sous l’accumulation des contraintes, luttant contre la violence de ces vies qui parfois sont les nôtres, lui est tout en courbes et en mouvements arrondis, souplesse, douceur, oubli de soi et bienveillance extrême. L’homme, qui n’a pas trente ans, semble avoir déjà fait la synthèse du sage. Poussé au partage, à l’échange, il est de ceux qui chantent en ouvrant grand les bras pour aller vers l’autre, lui offrant du même coup la protection de celui qui sait qu’il n’est point de salut sans lâcher prise. Quel soulagement, quelle libération de l’esprit qu’un concert de In The Canopy. Quelle félicité. Et comme on se sent accueilli, en sécurité, autorisé à se laisser aller, à déposer son fardeau pour un moment.

C’est si fort… On en pleurerait.

On les manque. Et c’est le manque. Un vide qui prend beaucoup de place. Pas pour rien si je couche ces mots ce soir, soir de concert où je ne suis pas.

In The Canopy est de ces formations qui bouleversent.

Ne vous en privez pas si vous avez l’occasion de les voir jouer : entrez dans la bulle canopienne.

Et tutoyez le ciel.

Prochaines dates :

08 nov. 2013 : Café de la Danse (première partie)
27 nov. 2013 : Centre Barbara Fleury Goutte d’Or
18 dec. 2013 : Divan du Monde

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16Pac replonge

2013 octobre 15
Posted by isatagada

Le temps a passé depuis la compil Nouveaux Talents Fnac Music en 2007, qui nous fit découvrir 16Pac. En 2010, on tombait amoureux de leur album Down Under The Elevator, porté par la grâce d’une voix envoûtante autant que par des compositions subtilement world et pourtant avant tout électroniques – entre Radiohead et Björk, guitare saturée en prime (lire la chronique ICI).

Après avoir squatté la platine plus souvent qu’à son tour, 16Pac revient en 2013 avec le six titres Underwater Sessions, et prend un tournant. Car si l’intérêt pour les musiques du monde est plus assumé que jamais (Armenian Rhapsody), le côté trip hop s’est un peu effacé au profit d’une production live plus brute, plus rock, et pour tout dire presque agressive par moments. Qu’est-il arrivé à la douceur de la voix d’Emma, dans laquelle point à présent comme une colère sourde, une accusation (Understand Well) ? Une chose est sûre, si elle n’est plus là pour alléger l’atmosphère, elle vient toujours des trippes (Nothing’s right / Nothing’s good enough / Nothing’s ever right / I’m sinking in the dark – Sinking), même s’il faut du temps pour encaisser le virage.

Avant de les retrouver en concert (le 16 octobre à l’OPA, le 28 novembre à la Dame de Canton, le 12 décembre au Pop In), ou peut-être de les croiser dans les couloirs du métro (le groupe vient de passer avec succès les auditions RATP), vous pouvez vous faire votre propre opinion grâce au film d’Aurélie Badémian-Scheps qui a capturé l’intégralité de ces sessions où la place du rythme est évidente et la passion des musiciens plus encore.

http://www.16pac.com/

Finale du Festival Gibus Rock Inter Régions (Jour 1 | 27.09.2103)

2013 octobre 2
Après le Tremplin Rock le Gibus, nous voilà partis pour une nouvelle aventure en tant que  juré pour la finale du Festival Gibus Rock Inter Régions. A la clé du beau matos Fender, une guitare Gibus édition limitée, une tournée, un enregistrement au studio Montorguei​l, une release party au Gibus. Et pour la première fois, une participat​ion au Printemps de Bourges qui offrira au lauréat une occasion unique de briller devant une multitude de professionnels et de conquérir les oreilles et le cœur de milliers de festivaliers.
Dans le jury ce soir, certains déjà croisés (Anissa Arfaoui de France 2, Louis Eustache de Hard Rock Mag) et d’autres pas (Jacques Lambert de Paul Beusher, Martin Garcin pour la Grosse Radio et Thierry Lassemblée pour Mobil’Jam). Début des festivités à 18h car huit groupes étaient en concurrence ce soir, avant d’être confrontés à huit autres groupes le lendemain. La finale commence tout doucement musicalement parlant (scéniquement, l’intervention d’une jeune fille fera sensation) et il faudra attendre le troisième groupe pour que le jury s’enflamme.

Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013First Rage porte bien son nom et s’illustre dans un style entre metal et hip hop (oui, de la fusion quoi) que mes kids à la maison aiment appeler du “rock vomitif”, eu égard aux hurlements récurrents qui ponctuent le chant. Pas exactement le style de musique préféré d’une partie du jury, et pourtant. Nul besoin d’intellectualiser la chose, le groupe fait rapidement l’unanimité. Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013D’abord, parce que leur entente est totale. Harmonie des couleurs, harmonie dans l’attitude, sauts exécutés par tous dans ce qu’on jurerait être la même milliseconde, les First Rage sont bluffants. Ensuite parce que pour embarquer tout le monde dans ce style il faut être drôlement bons et qu’ils le sont, comme si on se retrouvait  devant un Rage Against de Machine français jusqu’aux textes. Enfin parce que l’énergie est belle à voir pour ce groupe qui envoie du lourd avec sa force de conviction, ses trippes, et aussi très simplement des morceaux de folie qui donnent envie d’un bon gros head banging comme de sauter de concert. Gros sourire sur tous les visages. C’est du 100%.

Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013Pour le groupe suivant on passe notre tour tant le contraste est grand, avant de s’enflammer à nouveau. My Great Blue Cadillac, à la ville comme à la scène, est un duo montpelliérain qui en jette. Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013Lui, hyper looké entre rockabilly et couplé favoris / fine moustache très actuelle, ne fait qu’un avec sa guitare dont il joue avec une sorte d’urgence quasi frénétique tout en martelant sa grosse caisse qu’il commande debout. Elle, robe à marinière et coupe à frange, debout également, commence à la caisse claire avant de s’emparer de sa basse. Classe. Le jury est partagé. Musicalement ça reste assez basique et certains trouvent que tous les morceaux se ressemblent un peu. Quant à moi qui apprécie franchement chacun des titres, je trouve que c’est cette sorte de lancinance qui fait l’intérêt du set et mâtine leur rock blues garage d’un petit côté punk super efficace. En tout cas leur détermination ne fait aucun doute tandis que de mon côté, je tape du pied.

Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013Leur succède un nouveau duo composé de deux guitaristes parisiens, les My Little Brain Attack, déjà chroniqué sur Discordance par Axel qui en disait ceci : “Dignes héritiers de Black Rebel Motorcycle Club et Gravenhurst, les 4 jeunes membres de Little Brain Attack travaillent tranquillement leurs mélodies crades et pleines de sueur. Dansée dans la poussière et la fumée, parfois énergique et hargneuse, parfois plaintive et mélancolique, leur musique possède à la fois la vitalité sauvage du rock garage et la fragilité amère du post-punk.” Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013En live, le magnifique son gras de guitare de l’un des deux n’a d’égal que la superbe voix du deuxième larron, certainement la plus belle depuis le début de cette finale. Pourtant ça cloche et les titres qui étaient à deux doigts de nous embarquer complètement sont écorchés par l’affreux son de grosse caisse, jouée debout là encore, mais en total décalage de rythme. Pour cause puisque les quatre sont devenus deux  : on ne sera donc pas autrement surpris d’apprendre qu’il s’agissait d’une trouvaille de dernière minute, la moitié du groupe ayant abandonné l’autre juste avant la finale. On aurait préféré une boîte à rythme (ou  rien), et en tout cas une attitude autrement plus positive que celle de ces deux-là, arrivés battus d’avance alors que tout restait possible. Rock n Roll Dudes ! Un joli coup de cœur malgré tout, pour lequel on espère une suite.

Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013Avec François and The Atlas Mountains, Myra Lee, Pendentif ou encore Bengale, c’est dans le Poitou Charentes que semble se nicher le nouveau vivier de la scène hexagonale. The Kazemi ne dérogera pas à la règle avec un power trio visuellement et techniquement sans reproches, mention spéciale pour un batteur assez parfait. Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013Musicalement, les références sont un peu trop présentes cependant, avec une formation qui excelle davantage dans un certain mimétisme (Hendricks, les Doors) que dans des compositions véritablement originales. Bref, rien à redire dans l’exécution, mais un gros manque d’âme, aux antipodes par exemple de ce qui nous avait enthousiasmé chez les messins de First Rage (habitants de Metz, NDLR, qui a vérifié l’orthographe du truc et souhaite en faire profiter le lecteur).

Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013The Hells Stripers, déjà remarqués lors du festival Gibus Rock, représentent Clermont-Ferrand et ont l’honneur de clôturer la soirée. Cheveux longs (à une exception près) et look de métaleux, leur musique s’aventure davantage du côté du blue (décidément très représenté ce soir) avec de très longs morceaux qui prennent le temps de monter en puissance et des riffs de guitare assez jouissifs. Finale Festival Rock Inter Régions - J1 @ Le Gibus 2013Une fois de plus, le chanteur batteur impressionne la galerie, même s’il faut reconnaître que son double statut ne présente pas que des avantages. Ainsi on a parfois du mal à le voir en fond de scène, tandis que de temps à autre, l’un de ses deux rôles empêche un peu l’autre d’être tenu parfaitement. Mis à part ce petit bémol, la performance des Hell’s Strippers restera un très bon moment de la soirée.

Vient l’heure des délibérations, abordées sereinement pour une fois. Car si sur les huit groupes présents ce soir, les cinq décrits ici ont tous été jugés intéressants par le jury, seuls les First Rage font un carton plein sur tous les critères de jugement. Avec cinq classements en première place pour six jurés (le sixième le classant second), et malgré un prix du public attribué à The Kazemi, les messins remportent haut la main les votes du vendredi soir, même si d’autres formations ont gagné des points dans les esprits.

Le lendemain pourtant, c’est Rough Influence qui remportera la finale du Festival. Et comme on les avait énormément apprécié lors du précédent festival et qu’on avait retrouvé avec plaisir Naïma lors d’une très belle soirée de Jam en compagnie de Balinger et In The Canopy, on est forcément ravis pour eux.

Photos (c) Isatagada sauf Naïma de Rough Influence (c) YLB

Ecoutez In The Canopy !

2013 septembre 30
Posted by isatagada

In The Canopy & Balinger @ La Canopée | 21.09.2013

2013 septembre 30
Posted by isatagada
Soirée hors normes ce week-end à la Canopée. Le lieu d’abord, une grande maison studio atypique perdue dans le bois de Verrières. Les groupes ensuite, tous deux sélectionnés cette année par la région Ile de France pour le prestigieux festival Rock en Seine.

LaCanopé

Bordée par l’A86 d’un côté et le bois de verrières de l’autre, la Canopée est un lieu un peu magique, quasiment coupé du monde. Aucun autre bâtiment alentours, ici on peut faire tout le bruit que l’on veut jusqu’au petit matin sans risquer l’opprobre des voisins. Dans le jardin on peut jouer au ping-pong, dîner sur la grande table blanche (on recommande les délicieux sandwichs garnis de poulet cuit au barbecue et petits légumes à 3 euros seulement) ou encore prendre un verre sous la tonnelle de la terrasse. On peut surtout profiter de la musique diffusée à l’extérieur en regardant par les grandes fenêtres ce qui se passe dans le studio de musique.

Car la Canopée est avant tout un studio d’enregistrement où l’on peut même, en cas de résidence, occuper les deux chambres disponibles à l’étage de la maison. Le seuil de la porte franchi, on peut se vautrer sur des poufs, canapés ou fauteuils profonds, poser son verre sur une grande table en bois ou sur les tables basses disposées un peu partout (une est en verre, une autre en bois gravée au nom et logo d’une célèbre marque de whisky, une autre encore est un ancien fût de batterie reconverti…), commander au bar d’où l’on aperçoit une cuisine qui pourrait ressembler à la sienne, choisir un disque ou un livre dans la bibliothèque qui va du sol au plafond, deviser sur l’intérêt artistique des œuvres exposées au mur, discuter avec un peu tout le monde avec un naturel déconcertant et pour finir en beauté, passer par la baie vitrée sur la droite pour entrer dans la régie qui mène au studio, pour une expérience tout à fait unique.

In The Canopy Balinger & friends @ La Canopé | by Isatagada

D’ici à l’heure du concert, mieux vaut prendre son mal en patience lorsqu’on est arrivé à 20h. Impossible de dire qu’on ne nous y prendra plus tant on en a profité pour prendre nos aises, au point de se sentir presque comme un familier de la maison quand, vers 22h15, le premier groupe est annoncé. On a largement eu le temps du coup de savourer le barbecue, d’être présenté aux musiciens (merci Astrid de Aïe TV, pour ça et pour les photos), d’apprendre le beau métier de Joachim de In The Canopy (médecin psychiatre), de découvrir super-cool-Jim de Balinger mais aussi de savourer les retrouvailles avec Naïma de Rough Influence (relire la rencontre avec le groupe au Gibus ICI).

In The Canopy Balinger & friends @ La Canopé | by Isatagada

A l’heure H cependant, on croit qu’on n’a pas encore vu l’endroit où le concert aura lieu et pourtant. Car on ne l’avait pas prévu, mais on n’est pas là pour assister à un concert classique dans une salle de concert classique.  A la place, voilà que l’on s’engouffre dans le studio à la suite des musiciens de In The Canopy pour se planter juste derrière la console, tandis qu’ils passent de l’autre côté de la vitre. Moment hors du temps et de l’espace, on assiste alors à ce qui est n’est ni vraiment une répétition, ni vraiment un enregistrement ni vraiment non plus un concert et néanmoins un peu de tout cela à la fois. Plus de frontières, tout se mêle et l’on goûte tous les détails comme autant de privilèges : les échanges complices entre les musiciens, ceux plus techniques avec l’ingé son, la communion avec un public dispersé à 360°, et la musique, et la voix magique de Joachim Müllner. Quel privilège d’être là ! Quel bonheur que cette voix dont le grain est un instant velours pour s’élever ensuite vers des hauteurs où elle ne peut que tutoyer les anges ! In The Canopy Balinger & friends @ La Canopé | by IsatagadaOn n’avait pas entendu plus beau depuis Jeff Buckley et on ne compte plus les regards qui s’échangent en régie à chaque nouvelle envolée, comme pour se prendre mutuellement à témoin. D’autant que le leader n’est pas seul au chant et que ses acolytes construisent avec lui les plus parfaites harmonies vocales qui soient (mention spéciale pour le bassiste). Les morceaux s’enchaînent et on a tout oublié pour ne plus toucher terre. Il parait que le son est meilleur dans la maison (et même dehors, car il y a aussi des enceintes dans le jardin) mais il semble impossible de bouger. Joachim fascine incontestablement et l’envoûtement monte encore en intensité lorsqu’il quitte sa guitare acoustique pour ouvrir grand les bras. Alors, nul ne peut résister à l’appel presque chamanique du sorcier au voyage, d’autant plus qu’il est relayé par des riffs de guitares épiques qui mettent tout le monde d’accord. Homogénéité de la formation, musique et voix magnifiques, guitare réjouissante  (très Foals, la guitare), le sentiment de complétude est total lorsque Jim, le chanteur de Balinger, vient rejoindre In The Canopy pour un featuring sur Never Return, le titre phare du groupe. Peu préparé, le jam est surtout l’occasion de mimiques mémorables et de fous rires contenus pour des instants d’amitié partagés qui sont foutrement jolis à voir. Emotions, rires, humanité, musicalité, on a tout eu donc. La claque.

In The Canopy Balinger & friends @ La Canopé | by Isatagada

Lorsque Balinger prend la suite quelques minutes plus tard, il faut d’abord digérer quelques titres avant de redescendre sur terre. La musique, que l’on découvre pour la première fois, n’a pas grand chose à voir avec celle de leurs prédécesseurs et la transition n’est pas évidente. Du calme on est passé à la tempête avec un rythme qui s’est affolé, des guitares plus rock et plus acérées, une voix complètement différente, une autre forme de tension ; un certain romantisme aussi. In The Canopy Balinger & friends @ La Canopé | by IsatagadaJim, qui n’avait pas réellement eu l’occasion de briller sur son featuring, se révèle totalement dans le registre qui est le sien. Sa voix est de celles qui ne ressemblent à aucune autre et aurait fait merveille chez les meilleurs groupes de hard-rock des années quatre-vingt. Les morceaux sont à l’avenant, avec des musiciens hors-pair dont « le meilleur batteur du monde » (dixit Astrid, qui enchaîne pourtant les concerts de tous ordres) et un bassiste que l’on distingue d’autant mieux que l’on est passé de l’autre côté des murs où c’est vrai, on entend tellement mieux chaque instrument… Dans un tout autre genre que In The Canopy, le chanteur n’en est pas moins possédé lui aussi, ce qui est presque étrange alors qu’on l’a vu si décontracté durant de nombreuses heures : styles différents, valeurs communes. Ce sera plus évident encore sur le jam incroyable qu’ils livreront pendant plus de vingt minutes en compagnie de Naïma et des membres de In The Canopy, comme un bouquet final lors duquel le studio, peu à peu, sera envahi. Un exceptionnel moment participatif qui ne pouvait pas mieux clôturer la soirée.

In The Canopy Balinger & friends @ La Canopé | by Isatagada

C’est qu’il est déjà près de deux heures du matin. Et qu’on dirait bien que cette soirée, en fait n’en n’a pas tout à fait fini de se terminer…

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Photos (c) Isatagada sauf la maison, (c) La Canopée

Article publié sur Discordance.fr, avec les belles photos d’ Astrid Souvray