
Pour ce deuxième jour de festival, le sol est encore détrempé mais le soleil est bien présent cette fois. Conséquence immédiate : l’ambiance est aux tongues, aux maillots de bain, voire aux " free hugs ".

La journée commence sous le signe de la bonne humeur sur la scène de la cascade avec les PuppetMastaz, de drôles de marionnettes qui balancent un hip-hop dansant et assez jouissif. Ce n’est pas franchement un style de musique que j’affectionne, je ne m’attarde donc pas. N’empêche
que j’ai déjà le sourire aux lèvres ! Direction la grande scène avec The Fratellis qui ne m’emballe pas non plus, malgré que le nom a beaucoup circulé cette année.
J’en profite pour donner sa chance à I Love UFO ce que je n’avais pas franchement prévu, vu les propos du groupe rapportés dans Télérama. Un type qui clame " les programmateurs sont encore trop frileux " et " je sais qu’ I Love UFO peut tout défoncer à 20h sur la grande scène ", j’avais un a priori plutôt négatif. Or c’est eux qui avaient raison ! Le rock sans concessions de ces français d’Arpajon est propre à embarquer les foules, j’adore ! Le groupe donne énormément sur scène, a su rester authentique, et développe un son assez énorme, capable de rivaliser avec les plus grands groupes. C’est fort, sombre, relativement fascinant, et la prestation scénique ajoute à la qualité d’une musique inspirée par Sonic Youth ou encore les Pink Floyd. L’un des gros gros coups de cœur de ma journée.

Cold War Kids m’attend à présent sur la grande scène, exactement à la même heure que les français de Pravda qui jouent eux à l’autre bout du parc, ce que je regrette. J’aurais aimé voir en live " Sue " et " Mac " et hurler bien fort : " je suis à l’est, tu es à l’ouest ! ". Ce sera pour une prochaine fois, gageons que ces deux là, qui ont fait déjà la première partie d’Indochine ou – excusez du peu – de Placebo, vont aller loin ; j’aurais l’occasion de les revoir sur scène.
Pas d’Amy WhineHouse à Rock en Seine donc, mais des Cold War Kids en remplacement dont la participation au printemps de Bourges m’avait fait acheter l’excellent album Robbers & Cowards (merci France 4). Je ne suis pourtant pas séduite plus que ça par ces quatre californiens, même si je n’ai aucune excuse à cela : je suis très bien placée (dans les tous premiers rangs), je connais les morceaux, même certaines paroles (et je ne serais pas la seule à chanter " hang me up to dryyyyy " - du morceau du même nom - ou " i promised to my wife annnd children, i’ll never drink another drink as long as i live " - " We use to vacation " -), le chanteur a bien cette voix très particulière aussi. Alors quoi ? Je les sens stressés, ultra-sérieux et concentrés, comme s’ils passaient un examen. Certainement très impressionnés. D’eux à moi, malheureusement, la transmission ne se fait pas. Reste leur musique génialement déstructurée, parfois flamboyante, toujours originale, qui se distingue du lot malgré tout. Il faut qu’ils digèrent, sans doute, ce succès qui leur est tombé dessus et qui les a mis aussi rapidement face à des dizaines de milliers de personnes. Manifestement, il va leur falloir s’y faire !

Jarvis Cocker (sans les Pulp), prend à son tour possession de la grande scène. On l’aura beaucoup vu cette année, avec ses grosses lunettes et ses vestes en velours, dans les magazines spécialisés. J’en étais restée au look intello et aux mauvaises critiques lues ça et là, et je pointais le bout de mes oreilles par simple curiosité snob, de celle qui dédaigne sans avoir néanmoins toutes les clés pour le faire. Or ce nouveau parisien n’avait absolument pas l’intention de me laisser repartir avec mon petit mépris ! Petites phrases en français, humour décalé, jeu de scène théâtral et musique pop à la fois classe, intelligente et très accrocheuse, le concert restera l’un des meilleurs de la journée, avec un public encore peu démonstratif , mais visiblement séduit. Vous avez remarqué comme à Paris, les gens sourient simplement du coin de la bouche lorsqu’ils découvrent un artiste qui leur plaît, et sont capables de sauter partout la fois suivante ? Je ne ferais pas mieux du reste, mais me voilà retournée comme une crêpe, avec la ferme intention d’acheter l’album. Convaincue.

Je reviens côté Saint-Cloud pour saisir de loin le dernier titre de Calvin Harris. Planant et mélodique, encore une découverte à parfaire un peu plus tard. Les filles de CSS ont déjà commencé leur set quand se faufilent dans la foule Philippe et Léonce des Milestone, qui foncent droit sur moi. Marrant de tomber sur eux, et dommage de ne pas pouvoir échanger plus qu’un rapide " salut ça va, vous avez vu quoi ? " compte tenu du niveau sonore ambiant : j’en aurais bien profité pour leur demander des nouvelles de la sortie de leur album, enregistré en Bretagne cet été. L’attention reste donc fixée sur les demoiselles qui me semblent très jeunes, et évoluent dans d’improbables tenues bariolées, au milieu de ballons colorés disposés en hauteur sur la scène. L’objectif affiché est de faire danser, sans prétention. Le public masculin surtout les attendait, pourtant ces brésiliennes sont " fatiguées d’être sexy " ( traduction française de leur nom " Cansei De Ser Sexy "). Elles devraient néanmoins ne pas trop cesser de l’être si elles veulent survivre ; leur musique seule, risque de ne pas suffire …

Je repars vers Sèvres et la grande Scène, où se produisent The Jesus and Mary Chain , reformés après des années d’inactivité, et qui semblent très attendus. Pas forcément par moi, qui ne les connais que de nom, mais bonne fille, je suis prête à parfaire ma culture rock avec ces incontournables presqu’inventeurs du rock noisy (c’est ce qu’on me dit, je répète ; j’espère que je ne contrarie personne). Mine patibulaire, pour ne pas dire gueule d’enterrement, le groupe écossais a surtout l’air de s’emmerder prodigieusement, et c’est communicatif ! Et si les deux frères ennemis avaient finalement bien fait de passer la main ?
A ce stade, enchaîner sans hurler avec les insupportables Terry Poison alors qu’il est déjà presque 21h tient du tour de force. On a beau se dire que c’est mal, que chaque groupe ou artiste, en cherchant bien, a forcément un truc vu que tout de même, s’ils sont là c’est qu’ils ont été sélectionnés par des professionnels hein, parfois on reste interdit. Elles viennent de Tel Aviv ? Parfait. Elles sont championnes de " l’électro-groove " actuellement ? Bah, si certains le disent … Quant à moi, rien à faire, rester là à écouter plus de trois titres des ces nanas en justaucorps rouge à cagoule et queue de lapin ou encore en serre-tête Minie et haut doré façon couverture de survie tient de la mission impossible. Si vous voulez bien m’excuser, je passe mon tour !
C’est le moment de se perdre un peu dans les allées du festival, de passer du temps devant l’expo Craig Robinson et d’admirer les lumières qui se dessinent entre chiens et loups.
Mais à 21h30, j’ai rendez-vous avec les Rita Mitsouko, quasi-tête d’affiche de la journée. Je suis accoudée à la barrière, on ne peut mieux placée, et ravie de l’être. Ca commence mal pourtant, avec un micro pour Catherine bien mal réglé ; on l’entend à peine, un comble pour cette rockeuse déjantée ! Ce problème résolu, je me rends compte rapidement que je ne peux m’empêcher de regarder ma montre. Les nouveaux morceaux y sont pour quelque chose, et ne parviennent pas à rivaliser avec la folie festive des anciens, qui font toujours danser le public (on pogotera même dans les premiers rangs). Fred Chichin est tout aussi inexpressif que Catherine Ringer est explosive, le contraste est saisissant. Le public en redemande, mais rien à faire, aucun rappel ne semble possible, et le couple revient simplement saluer, ravi de l’accueil et désolé de ne pouvoir satisfaire la foule qui réclame " Andy " à corps et à cris. Malgré sa pêche, les Rita n’ont pas si bien vieilli que cela mais ils restent culte, et je me dis avec une certaine tendresse que peu de groupes français peuvent se targuer d’avoir leurs morceaux joués dans presque toutes les fêtes depuis des années …

Cette deuxième journée de festival se termine avec Alpha dont je découvre la musique planante, encouragée en cela par plusieurs personnes. Le collectif s’est peu à peu dissout et sur l’album à paraître début septembre ne subsiste que la voix Wendy. Dommage car c’est surtout la voix black soul de Kelvin qui m’aura envoûté sous les étoiles ce soir …
Je repars avec plus de regrets encore que la veille, d’avoir manqué Pravda et Calvin Harris donc, mais également les métaleux TOOL qui se sont livrés à un véritable festival, me dit-on …
Commentaires récents
Bon retour !
C PO BIENTO FINI TOUT CE RAFFUT OUI !!
Tu me manques.
Repose toi !
Trop fort